"Le poisson belge" : un joli conte fantastique porté par Marc Lavoine

Par @sophiejouve1 Rédactrice en chef adjointe de Culturebox, responsable de la rubrique Théâtre-Danse
Publié le 25/09/2015 à 10H27
Marc Lavoine et Géraldine Martineau dans "Le poisson belge" de Léonore Confino

Marc Lavoine et Géraldine Martineau dans "Le poisson belge" de Léonore Confino

© Christophe Vootz

Pour la première fois sur les planches, Marc Lavoine a choisi un joli conte fantastique de Léonore Confino, sur l'enfance, la famille et l'identité. Le feu follet Géraldine Martineau lui donne la réplique, dans un théâtre de la Pépinière plein comme un œuf.

Un homme bougon et solitaire, portant des boucles d'oreilles, attend sur un banc un rendez vous amoureux qui ne viendra pas. Une petite fille insolente, qui se dit abandonnée, s'assied à côté de lui dans l'idée de le suivre à son domicile.
Géraldine Martineau et Marc Lavoine

Géraldine Martineau et Marc Lavoine

© Christophe Vootz

Un duo Lavoine-Martineau qui fonctionne immédiatement

Ces deux contraires, ces deux solitudes, vont s'opposer, s'agacer, puis s'apprivoiser et se découvrir des affinités et d'abord le même prénom Claude.

Le duo Lavoine-Martineau fonctionne immédiatement. Ce rôle de l'homme blessé et maladroit va bien à Marc Lavoine, déstabilisé par cette gamine délurée qui fait rejaillir des douleurs enfantines qu'il a voulues étouffer. Géraldine Martineau est exquise dans le rôle de cette étrange fillette qui va réparer, sans le savoir, celui qu'elle nomme "Grande Monsieur".
Le poisson belge 4 © Christophe Vootz

Onirisme et poésie

Tout semble crédible au début dans "Ce poisson belge" : la vie bouleversée de ce grand solitaire, les enfantillages et ces éléments un peu surnaturels qui semblent sortir de l'imagination de l'enfant, comme cette pieuvre dans la baignoire.

Puis peu à peu l'onirisme et la poésie s'installent et se dessine l'identité des personnages. La petite fille asthmatique, enfant de deux psychiatres hystériques (scène très amusante où elle imite une querelle entre ses parents), se réfugie dans le silence du monde aquatique et développe des branchies… Lui a été rejeté par les siens parce qu'il s'habillait en fille : "Depuis que je suis en âge de marcher, une fille pousse clandestinement sous ma poitrine". 
Le Poisson Belge 3 © Christophe Vootz

Le droit à la différence

Léonore Confino qui s'est attaché dans ses précédentes pièces à décrire la société contemporaine, trousse ici des dialogues percutants et décalés. Dans sa mise en scène, Catherine Schaub installe un climat oppressant avec en bruit de fond, d'étranges respirations. Elle joue des contrastes des personnages et crée une vraie intimité entre les deux acteurs et le public, qui a l'impression d'être tout près d'eux. 

On se laisse charmer par ce joli conte sur l'identité et le droit à la différence. Et Marc Lavoine, le chanteur, acteur de cinéma et auteur de roman à succès ("L'homme qui ment" qu'il va bientôt réaliser), ajoute une nouvelle corde à son arc, celle de comédien de théâtre grave et léger.

 

"Le poisson belge" au théâtre de la Pepinière
De Léonore Confino, mise en scène de Catherine Schaub
Avec Marc Lavoine et Géraldine Martineau
7 rue Louis le Grand, Paris IIe
Réservation : 01 42 61 44 16