La Cour des Comptes épingle les théâtres nationaux sur leur gestion

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/02/2016 à 11H20, publié le 10/02/2016 à 11H19
La Comédie Française à Paris

La Comédie Française à Paris

© B.R. PRODUCTIONS/SIPA

La Cour des Comptes demande aux théâtres nationaux de la Comédie-Française, l'Odéon-Théâtre de l'Europe, le Théâtre de la Colline et le Théâtre National de Strasbourg de rationaliser leur gestion "dans un contexte budgétaire contraint". Entre 2006 et 2014, les quatre théâtres ont reçu 458,23 millions de subvention, soit 71% de leurs ressources.

La Cour estime que "s'ils ont conservé le niveau et l'excellence de leurs créations, c'est au prix d'un subventionnement massif de l'Etat qui ne peut, dans un contexte budgétaire contraint, continuer à assurer seul la pérennité du système". Entre 2006 et 2014, les quatre théâtres ont reçu 458,23 millions de subvention, soit 71% de leurs ressources. Leur situation est "fragilisée": "malgré des taux de fréquentation élevés, les charges de structure sont en augmentation constante et l'activité très majoritairement déficitaire."

La Cour recommande plusieurs mesures : conclure pour chaque théâtre un Contrat de performance, accroître la diffusion des spectacles et le nombre de tournées, réduire les places gratuites (11% dans les 4 théâtres mais 20% à la Colline). Elle épingle sévèrement le coût des changement de directeurs : indemnités de départ astronomiques, superposition des salaires de l'ancien et du nouveau directeur...

Plusieurs recommandations sont déjà suivies d'effet

Des Contrats de performance sont en cours d'élaboration et le théâtre de la Colline a donné un coup de vis à ses invitations. D'autres sont plus délicates : ainsi, la Cour recommande de renégocier les  conventions collectives, qui font la part belle au personnel technique. Exemple: lors des tournées, les techniciens de la Comédie-Française voyagent en Première. Pour les 4 théâtres, le personnel technique pèse plus lourd (39% des effectifs et 32% des dépenses de personnel en 2014)  que les rémunérations des artistes (16% en 2014).

La Comédie-Française bénéficie d'une trop grande autonomie avec sa "Société des comédiens français" et son système du  "partage" des bénéfices des spectacles entre les artistes. Une réforme des statuts va "permettre à l'Etat de siéger de droit au  Conseil d'administration", souligne le ministère de la Culture, qui défend le système du partage, qui permet de lisser les rémunérations entre années fastes et plus difficiles.

La Cour porte aussi un coup au rêve de la Comédie-Française d'ouvrir sur le site des Ateliers Berthier porte de Clichy une salle modulable, émettant "de grandes réserves sur le projet", tout comme le ministère de l'Economie et des Finances. Le ministère de la Culture défend un projet qui vise à faire "un pôle artistique et culturel majeur dans un quartier de Paris en plein mutation" et précise que "la présentation du scénario le plus pertinent pour les ateliers Berthier est attendu pour le mois de juin 2016".