Tamasaburo, l'icône du Kabuki à l'affiche du Châtelet

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/02/2013 à 19H58, publié le 06/02/2013 à 19H06
Tamasaburo Bando, trésor vivant du Kabuki, est à Paris

Tamasaburo Bando, trésor vivant du Kabuki, est à Paris

© Marie-Noëlle Robert, théâtre du Châtelet

Depuis l’été dernier, Tamasaburo Bando, 5ème du nom, a été distingué « trésor vivant » dans l’art du Kabuki au Japon. C’est dire qu’à 63 ans, il est au sommet de son art et qu’il détient dans sa danse, le cœur du patrimoine immatériel japonais que représente cette forme de théâtre. A découvrir au Châtelet jusq'au 16 février, dans deux programmes.

Toute la panoplie des émotions féminines
C’est d’autant plus singulier que depuis 350 ans, des hommes jouent tous les rôles féminins sur les scènes de Kabuki. Ce sont les rôles d’ « onnagata ».
Tamasaburo excelle dans la restitution de toute la panoplie des émotions féminines, des premiers émois d’une jeune fille au dépit de l’amoureuse éconduite en passant par la farouche jalousie d’une femme abandonnée… Trois registres qu’il démontre au Châtelet, pour 3 soirs de « Jiuta » (jusqu’au 7 février).
Tamasaburo Bando

Tamasaburo Bando

© Marie-Noëlle Robert, théâtre du Châtelet
Tamasaburo nous invite ainsi dans l’intimité des peines de cœur de trois japonaises des siècles passés. Habillé de kimonos d’un grand raffinement pastel, ceints d’obi de brocard aux nœuds très spectaculaires (larges ceintures autour de la taille aux nœuds très codifiés), ses mouvements sont tenus, parfois à peine esquissés . 

Le visage est peint de kaolin blanc, avec juste une ligne de rouge pour souligner les yeux et toute l’émotion se lit dans l’axe de la tête par rapport au corps… Les nuances sont marquées dans la gestuelle des mains délicates, mais sans affectation.

Une leçon de sobriété
La sobriété du décor est de mise et d’une modernité incroyable pour des yeux occidentaux. Au troisième solo, les pétales des cerisiers en fleur semblent pleurer comme la jeune abandonnée… Entre la cloche et la tresse de paille de riz d’un temple et quelques branches de cerisiers… la scène parait presque envahie si on la compare à la beauté spartiate des deux premiers tableaux !... Belle leçon de sobriété et d’émotions retenues !...
Tamasaburo Bando, "une belle sobriété"

Tamasaburo Bando, "une belle sobriété"

© Marie-Noëlle Robert, théâtre du Châtelet
Tamasaburo également à découvrir dans un Opéra chinois
Du 10 au 16 février inclus, Tamasaburo donnera avec une troupe de chanteurs et danseurs chinois, le "Pavillon des Pivoines". Opéra tout ce qu’il y a de plus chinois (le Kunqü). Pour cela il a appris la partie chantée de manière mnémotechnique, une vraie prouesse. A ceux qui s’étonnent qu’il aborde ce répertoire a priori très éloigné de l’art de la scène japonais, il rétorque, avec la grande douceur qui le caractérise, que « ces 2 formes d’art sont tout aussi orientales l’une que l’autre et ont donc la même âme. Elles sont ambiguës, oniriques et irréelles. L’opéra chinois est plus dynamique et permet de montrer toutes les facettes de la psychologie féminine ».
Le Pavillon aux Pivoines © Takashi Okamoto
Tamasaburo Bando au théâtre du Châtelet jusqu'au 16 février
1 place du Châtelet. Paris Ier

« Jiuta », solo de danse Kabuki : jusqu’au 7 février
"Pavillon des Pivoines", Opéra chinois : du 10 au 16 février