Pellerin et Hidalgo soutiennent Brett Bailey pour "Exhibit B"

Par @Culturebox
Publié le 26/11/2014 à 19H07
Une actrice dans "Exhibit B" de Brett Bailey, lors d'une représentation au Festival d'Avigon en 2014

Une actrice dans "Exhibit B" de Brett Bailey, lors d'une représentation au Festival d'Avigon en 2014

© FRANCK PENNANT / AFP

La ministre de la Culture Fleur Pellerin et la maire de Paris Anne Hidalgo ont exprimé mercredi leur soutien à l'artiste sud-africain Brett Bailey, dont l'exposition "Exhibit B" a suscité "des demandes d'interdiction" ainsi que "diverses menaces".

"Ce spectacle, qui entend dénoncer sans ambigüité ce que le racisme a produit de pire par une représentation de tableaux incarnés, a été vu dans plusieurs villes européennes, à Avignon et au 104 en 2013, ou encore tout récemment à Poitiers, sans qu'aucun incident ne trouble sa programmation ni sa découverte par des spectateurs ayant librement choisi d'y assister", souligne la ministre dans un communiqué.

Elle "condamne fermement ces tentatives d'intimidation ou de censure, car elles reposent sur des amalgames et des formes d'intolérance qui n'ont pas droit de cité dans notre République.

Anne Hidalgo a, pour sa part, confirmé la tenue du spectacle "face aux demandes d'interdiction dont (elle) a été saisie, émanant du Collectif contre Exhibit B et du groupe UMP au Conseil de Paris", affirme-t-elle dans un communiqué. "Je n'accepterai en aucun cas que ce spectacle soit déprogrammé pour des motifs irrecevables", souligne Mme Hidalgo, qui rappelle que "Exhibit B est une performance engagée, dénonçant intelligemment différentes formes de racisme à travers l'Histoire" et que "25.000 personnes sont déjà venues découvrir ce spectacle, qui a été présenté au Festival d'Avignon mais aussi à Vienne, Hanovre, Bruxelles et en Afrique du Sud".
La polémique est née à Londres en septembre, où une pétition a rassemblé 23.000 signatures. Des manifestants ont empêché la performance d'ouvrir au Barbican de Londres. En France, une pétition émanant d'un collectif de Montreuil et adressée aux deux théâtres qui programment "Exhibit B", le Théâtre Gérard-Philipe et le 104, a rassemblé à ce jour 19.500 signatures.

La performance qui plonge dans l'histoire coloniale en montrant des tableaux vivants de noirs tels qu'on les exposait dans les foires et expositions aux 19 et 20e siècles, est jugée "humiliante" par ses détracteurs. Pour Brett Bailey, il s'agit d'un profond malentendu "de la part de gens qui n'ont pas vu l'installation".

En France, la Ligue des droits de l'Homme, le Mrap, la Licra, l'Observatoire de la liberté de création, le Syndeac (syndicat professionnel du spectacle vivant) ont, entre autres, défendu le spectacle.
Fleur Pellerin, qui présentera en 2014 un projet de loi sur la liberté de création, "réaffirme avec force les principes fondamentaux de liberté de création et de programmation qui sont la fierté de notre Nation".

Une réunion publique d'information se tiendra vendredi 28 novembre à 19H30 au Théâtre Gérard-Philipe de Saint Denis, qui programme "Exhibit B" du 7 au 14 décembre, pour "permettre à chacun d'exprimer son point de vue", ont annoncé les directeurs des deux théâtres concernés. Une autre rencontre sera également organisée au 104 entre le 8 et le 14 décembre.