Les premiers pas de Conchita Wurst au Crazy Horse

Par @Culturebox
Mis à jour le 31/10/2014 à 11H10, publié le 31/10/2014 à 09H59
Affiche du Crazy Horse avec Conchita Wurst

Affiche du Crazy Horse avec Conchita Wurst

© Crazy Horse

Conchita Wurst a fait ses premiers pas jeudi soir sur la scène du Crazy Horse, à Paris, dont elle sera la "guest star" le temps d'une résidence du 9 au 15 novembre. Le premier travesti à se produire dans le temple international du nu féminin chic depuis sa création en 1951, a présenté deux des trois tableaux montés spécialement pour lui.

Le travesti autrichien a présenté ses tableaux dans des costumes signés Jean-Paul Gaultier et une mise en scène de la chorégraphe Blanca Li. Présentée par le Crazy Horse comme "une artiste libre se jouant des conventions avec grâce et humour", Conchita Wurst, 25 ans, succède comme invitée  à la comédienne française Clotilde Courau, la performeuse Dita von Teese ou la chanteuse Arielle Dombasle.

Au milieu du show habituel du cabaret, Conchita Wurst, avec ses yeux de biche, sa longue chevelure et sa barbe courte noire, est apparue bluffante de féminité et de grâce, tout autant que les légendes danseuses du Crazy. Telle une reine sur son trône, dans un bustier or et une longue jupe transparente, Conchita a interprété "Rise like a Phoenix", la chanson qui lui a permis de remporter l'Eurovision. A ses pieds, six danseuses du Crazy, nues et dans des poses langoureuses, arboraient elles aussi la même barbe en postiche, déclenchant l'étonnement et parfois les rires des spectateurs.
Conchita Wurst entouré des danseuses du Crazy Horse, septembre 2014

Conchita Wurst entouré des danseuses du Crazy Horse, septembre 2014

© PHOTOPQR/LE PARISIEN
Après l'entracte, Conchita Wurst est revenue pour une deuxième chanson en robe courte or et argent découvrant ses jambes, accompagnée de six danseuses seins nus et portant des pantalons or, dans l'esprit des variétés des années 70.
 
Du crazy horse à l'enregistrement de son premier album

"Ma singularité est d'être la première lady spéciale du Crazy. J'ai saupoudré un peu de mon esprit sur le show. Peut-être des spectateurs préféreraient que je ne sois pas là...", a confié à l'AFP Conchita Wurst, ravie d'incarner "une femme d'un autre genre". "Dans mon monde, l'orientation sexuelle, la couleur de peau ou la religion ne sont pas des choses importantes. Cela concerne l'être humain, pas la société", a ajouté Conchita, à la ville Thomas Neuwirth, qui après sa résidence au Crazy Horse, terminera l'enregistrement de son premier album.

Transgresser les règles établies ou "l'ADN impertinent du Crazy"

Pour Philippe Lhomme, propriétaire du cabaret parisien "briser les lignes du bien-pensant et du conformisme, transgresser les règles établies et anticiper les courants nouveaux, sont depuis toujours dans l'ADN impertinent du Crazy". "La féminité peut être très multiple dans son expression. Conchita l'exprime mieux que personne et nous sommes très fiers de recevoir pour la première fois cette artiste spéciale qui est très inspirante", a-t-il indiqué.

"Nous ne faisons ni compromis ni provoc' facile en accueillant Conchita. Elle est avant tout une artiste de très haut niveau. Dès 1951, Alain Bernardin, notre fondateur, a bousculé l'ordre établi en mettant le nu sur scène", a rappelé Andrée Deissemberg, directrice artistique du cabaret. "Nous continuons dans cette même liberté artistique. Hier comme aujourd'hui, le public du Crazy a envie d'être surpris. Avec des clins d'oeil et l'humour, l'érotisme et la sensualité sont encore plus intéressants".