L'Union des Etudiants Juifs de France demande le retrait d'une vidéo de Dieudonné

Par @Culturebox
Mis à jour le 29/01/2014 à 16H40, publié le 29/01/2014 à 16H35
Dieudonné M'bala M'bala en conférence de presse le 11 janvier 2014 au Théâtre de la Main d'Or

Dieudonné M'bala M'bala en conférence de presse le 11 janvier 2014 au Théâtre de la Main d'Or

© DESSONS/JDD/SIPA

L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) a demandé mercredi à la justice d'ordonner à Dieudonné de retirer la vidéo "2014 sera l'année de la quenelle", diffusée sur YouTube, l'association estimant que quatre passages étaient susceptibles de constituer des délits.

Saisi en référé (procédure d'urgence), le tribunal de grande instance de Paris a mis sa décision en délibéré au 12 février. L'UEJF estime que les passages litigieux relèvent de "la contestation de crime contre l'Humanité, diffamation raciale, de provocation à la haine raciale et d'injure publique".
Ordonner à Dieudonné de retirer cette vidéo permettra ensuite à l'UEJF "d'agir auprès de YouTube", a souligné son avocat, Me Stéphane Lilti, qui a reproché au site "négligence" et "passivité".
Dans cette vidéo, l'humoriste controversé déclarait notamment: "Moi les chambres à gaz j'y connais rien, si tu veux vraiment je peux t'organiser un rencard avec Robert". Pour l'avocat de l'UEJF, Dieudonné érige ainsi le négationniste Robert Faurisson "en historien de référence" de la Shoah.
Le Théâtre de la Main d'Or à Paris, lors de sa perquisition le 28 janvier 2014

Le Théâtre de la Main d'Or à Paris, lors de sa perquisition le 28 janvier 2014

© A.GELEBART/20MINUTES/SIPA
Après avoir affirmé qu'il n'était "pas antisémite", le polémiste poursuivait en déclarant: "Je n'ai pas à choisir entre les juifs et les nazis, je suis neutre dans cette affaire, j'étais pas né en 1900 machin moi je suis né en 66 donc je sais pas ce qui s'est passé moi, qui a provoqué qui, qui a volé qui... J'ai ma petite idée, mais enfin (...)".

 "On fait des juifs les responsables de la Shoah", a plaidé Me Lilti. L'avocat a également annoncé qu'il ferait citer Dieudonné devant le tribunal correctionnel pour les propos contenus dans cette vidéo.
Dénonçant la "chasse à courre organisée actuellement contre Dieudonné", son avocat, Me Jacques Verdier, a estimé que les propos litigieux relevaient de "saillies humoristiques".
Dieudonné n'est "pas le suppôt du IIIe Reich", a-t-il poursuivi. Si un homme a fait une "quenelle" (geste décrit par ses partisans comme une expression "anti-système" mais pas par ses détracteurs qui le voient comme un salut nazi inversé), devant l'école juive de Toulouse où Mohamed Merah a tué trois enfants, son client "se démarque" d'une telle initiative. "Oui, c'est scandaleux", a dit l'avocat.
Un dessinateur gravitant dans la sphère de Dieudonné a par ailleurs été mis en examen pour avoir diffusé sur internet la photo d'un individu faisant une quenelle devant l'école Ozar Hatorah.
Portrait graphique de Dieudonné sur la façade du Théâtre de la Main d'Or, à Paris

Portrait graphique de Dieudonné sur la façade du Théâtre de la Main d'Or, à Paris

© citizenside.com
De son côté, Sacha Reingewirtz, le président de l'UEJF, a déclaré que Dieudonné "profite d'internet et en particulier de YouTube pour avoir une plate-forme de propagation idéologique". Les vidéos représentent le "principal instrument de communication" de Dieudonné pour "faire passer des messages antisémites", a-t-il ajouté.
Condamné à plusieurs reprises pour des propos jugés antisémites, Dieudonné ne s'est acquitté d'aucune des amendes (pour 65.000 euros au total) auxquelles il a été condamné.
Il est visé par une enquête préliminaire du parquet de Paris pour organisation frauduleuse d'insolvabilité, blanchiment et abus de biens sociaux, dans le cadre de laquelle la police a perquisitionné mardi ses propriétés et le Théâtre de la Main d'Or à Paris où il se produit.

Ainsi, quelque 650.000 euros et 15.000 dollars en liquide ont été saisis chez Dieudonné  par les enquêteurs lors de la perquisition de son domicile d'Eure-et-Loir réalisée mardi, a indiqué mercredi une source proche de l'enquête.
Des documents comptables ont aussi été saisis par l'office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales et de la Direction centrale de la police judiciaire.