Thomas Angelvy : un humoriste en culotte courte déjà dans la cour des grands

Par @Culturebox
Mis à jour le 05/03/2017 à 16H05, publié le 02/03/2017 à 16H02
Thomas Angelvy

Thomas Angelvy

© Thomas Angelvy

Tout petit il rêve de monter sur scène et de faire rire. A 23 ans Thomas Angelvy est un jeune homme comblé, il joue non pas dans un, mais deux spectacles à Paris : "#VDT" au Théâtre BO Saint-Martin pour un one man show et "L’un dans l’autre" au Théâtre du Marais dans une comédie.

Rêve de gosse

Thomas Angelvy : 23 ans, 1m68, cheveux blonds, les yeux bleus et blanc comme un cachet d’aspirine. Avec un tel patronyme et son physique de jeune premier, il passerait presque pour un ange. Bachelier et titulaire d’un BTS Commerce, le tableau est parfait. Sauf si l’on se penche sur les appréciations de ses professeurs… Le petit Thomas a 5 ans lorsqu’il commence à jouer des mini-spectacles devant sa mère amusée. Puis très vite, "au collège, ma salle de classe était mon meilleur public", dit-il. Il avoue volontiers : "J’avais 15 de moyenne mais avec des appréciations horribles." Sans surprise, ses diplômes en poche il prend donc la direction de la capitale pour vivre son rêve et faire rire.

"On se demande bien pourquoi on a mis le Futuroscope dans une ville où les gens vivent dans le passé !" Thomas Angelvy arrive de Poitiers et aux Parisiens il rétorque : "On se demande pourquoi on a mis autant de culture dans une ville où les cons sont aussi nombreux". Lui a envie de s’adresser à tous les publics, pas seulement à sa génération.
Thomas Angelvy 2 couleur © DR

Une vie de Thomas

Pour découvrir notre humoriste, le plus simple est certainement d’aller voir son seul en scène actuellement au Théâtre BO Saint-Martin : "#VDT – Vie De Thomas". Avec lui, le public remonte le temps des années collège : l’amuseur numéro un de ses copains triche un peu lors des interrogations surprises et devient délégué de classe pour draguer les filles. Puis on avance en âge avec la description haute en couleur de sa JAPD (Journée d’appel de préparation à la défense) et ses instructeurs un brin stéréotypés mais tellement drôles !

"J’ai aussi joué au foot depuis tout petit. Dans les vestiaires, j’ai largement eu le temps pour être incollable sur l’anatomie des mecs". Alors, des parties intimes aux partis politiques, d’un sujet tabou, la sexualité, à l’autre, dire pour qui on vote, Thomas Angelvy ose le parallèle. Il y a celles qui penchent à droite (les républicaines) ou à gauche (les socialistes), les microscopiques (les écologistes), les pendantes bien au centre (macronistes) et enfin les "braquemarts" (frontistes), "celles qui font mal par où elles passent".

Revêtant la blouse blanche du professeur de SVT (Sciences et Vie de la Terre) et dessins personnels à l’appui, il joue avec son public. Les spectateurs masculins du théâtre, une fois debout, devront s’asseoir en fonction des catégories désignées par l’humoriste et dans lesquelles ils se reconnaissent. Sans être vulgaire, il glisse du léger au caustique. Il sait même imiter à la perfection le candidat centriste d’En Marche.

Et finalement une heure, c’est bien trop court pour tout savoir du personnage bourré d’énergie qui déroule à cent à l’heure les anecdotes et l’histoire de sa jeune vie. Du collégien indiscipliné au jeune homme en couple, celui qui tente tant bien que mal d’utiliser un éthylotest après une soirée quelque peu arrosée pour ramener sa copine. 

Des rencontres et du travail

Pour en arriver là, le petit Angelvy avait le soutien inconditionnel de sa mère. Mais pour réussir à Paris, Thomas sait qu’il faut travailler. Et au sens premier d’abord. Capter la lumière se mérite, alors il commence par vendre sa voiture et trouve un job : il sera fils au pair !

Pendant plusieurs années, il loge ainsi dans une chambre de bonne sous les toits en échange de la garde des trois enfants de la famille. Cela lui laisse le temps nécessaire pour suivre les cours qu’il a choisis, ceux de l’Ecole du One Man Show dont la marraine n’est autre que l’humoriste Anne Roumanoff.

Lui qui ne connaît personne va nouer ici des amitiés durables et rencontrer ceux qui l’accompagnent désormais : Sylvain Lacourt, co-auteur sur #VDT, ou Aslem Smida le metteur en scène de son spectacle. Le même qui a révélé les talents des humoristes Gaspard Proust ou Baptiste Lecaplain.

Par son approche, l’Ecole du One Man Show a changé le destin de centaines de talents qui ont osé choisir l’humour comme métier. C’est dans le cadre d’un exercice d’abord puis d’un spectacle de fin de trimestre que notre poitevin va ainsi faire la rencontre de François Bondu.
Affiche "L'un dans l'Autre" © DR

L'un dans l'autre

Sous l’œil professionnel mais bienveillant de Coralie Lascoux, un duo artistique voit le jour. Thomas et François vont d’abord interpréter le drôlissime tandem Palmade / Laroque. "Cette scène du couple a très bien fonctionné. Cela nous a donné l’idée d’écrire ensemble d’autres scènes, sur des couples d’aujourd’hui". Et des dialogues percutant d’origines, ils vont raconter l’histoire d’un hétéro (Thomas) qui tombe amoureux d’un homo (François). En cassant les codes, avec beaucoup d’ironie et d’émotion. Depuis bientôt deux ans, l’alchimie est parfaite et la scène du Théâtre du Marais les accueille chaque mercredi et dimanche. L’occasion de partager leur vie de couple presque ordinaire dans laquelle chacun peut se reconnaître, sans clichés ni préjugés. "C’est un rôle" s’excuse presque celui qui fait donc des malheureux et des malheureuses en révélant avoir une fille qui partage sa vie depuis longtemps déjà.

Voir Michel Drucker et l'Olympia

"Les deux spectacles ont vu le jour ensemble à l’été 2015, dans des petits théâtres d’abord. Il fallait jongler un peu entre les deux. C’est encore le cas aujourd’hui". Mais aujourd’hui le succès est au rendez-vous. Les scènes sont plus grandes, les spectateurs toujours plus nombreux, des célébrités viennent l’applaudir. L’artiste est récompensé dans de nombreux festivals par les prix du public "ma plus belle récompense".

Le rêve de Thomas Angelvy était de monter sur les planches et de faire rire. Inconnu du grand public, il lui fallait écrire ses propres textes et il l’a fait. Désormais auteur, comédien, humoriste, il aurait même pu être rappeur. "Le rap, c’était de 14 à 16 ans un moyen de se dire : je peux attirer la lumière". Et le final chanté de #VDT est superbe. Mais si pour son spectacle il prend avec réalisme la place de Julien Lepers dans un "Questions Pour Un Champion" plus vrai que nature, son objectif désormais "c’est de passer chez Michel Drucker ! C’est quelque chose qui vient de tout petit, quand je le regardais avec ma mère. Passer chez Drucker et faire l’Olympia".

Nous voilà donc prévenu ! Michel, si tu nous lis… Le petit Angelvy par la taille est grand par le talent et en plus, il imite le dauphin comme personne.
 
 
#VDT
Théâtre BO Saint-Martin – 19, boulevard Saint-Martin 75003 Paris
01.42.71.5000
Mardi et mercredi à 21h30 jusqu’au 29 mars 2017
 
L’un dans l'autre
Théâtre du Marais – 37, rue Volta 75003 Paris
01.71.73.97.83
Mercredi à 20h00 et Dimanche à 16h00 jusqu’au 29 mars 2017

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