"Salope fascisante" : Marine Le Pen déboutée contre Nicolas Bedos

Par @Culturebox
Mis à jour le 18/03/2015 à 16H58, publié le 18/03/2015 à 16H40
Nicolas Bedos et Marine Le Pen (montage)

Nicolas Bedos et Marine Le Pen (montage)

© François Guillot (AFP), Boris Horvat (AFP)

La présidente du Front national Marine Le Pen a été déboutée mercredi par la cour d'appel de Paris des poursuites pour injure qu'elle avait engagées contre l'humoriste Nicolas Bedos, qui l'avait qualifiée de "salope fascisante" dans l'hebdomadaire Marianne.

Dans une chronique parue le 14 janvier 2012, Nicolas Bedos évoquait les expulsions menées l'année précédente, sous la présidence Sarkozy, alors que Claude Guéant était ministre de l'Intérieur: "La droite entend ainsi lutter contre la montée de l'extrême droite. +Ne laissons pas le terrain à Marine, la VRAIE méchante+ (...) Sauf que personne n'empêchera quelques idéalistes rigides de penser qu'à force de singer la salope fascisante celle-ci est déjà au pouvoir: (...) on l'appelle Claude Guéant".

Mme Le Pen avait porté plainte, mais n'avait poursuivi que le terme "salope". Le directeur de publication de Marianne, Maurice Szafran, était poursuivi pour "injure" et Nicolas Bedos, auteur de la chronique, pour "complicité". Ils avaient été relaxés en première instance, mais Marine Le Pen avait fait appel.

"Style pamphlétaire"

La 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris avait estimé qu'il était "parfaitement clair pour tout lecteur que la chronique en cause se situe dans un registre aux accents délibérément provocateurs et outranciers, revendiqué comme tel".

Pour le tribunal, ce style "pamphlétaire" n'était pas contradictoire avec la "polémique politique" accusant M. Guéant - lui-même décrit comme "une tête de bite sous Prozac" - de "singer" l'extrême droite.

Les motivations de la cour d'appel n'étaient pas disponibles dans l'immédiat.