Poursuivi pour avoir injurié Nadine Morano, Guy Bedos relaxé en appel

Par @Culturebox
Mis à jour le 03/08/2016 à 01H35, publié le 02/08/2016 à 15H34
"L'humour est une langue étrangère, certains doivent avoir besoin de sous-titres" avait déclaré Guy Bedos en septembre dernier

"L'humour est une langue étrangère, certains doivent avoir besoin de sous-titres" avait déclaré Guy Bedos en septembre dernier

© JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

La cour d'appel de Nancy a confirmé mardi la relaxe accordée en septembre 2015 à l'humoriste Guy Bedos, poursuivi pour avoir injurié l'ancienne ministre Nadine Morano (LR) en la traitant de "conne" lors d'un spectacle.

La cour d'appel de Nancy a tranché. Guy Bedos, qui avait traité l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy Nadine Morano (LR) de "conne" dans son spectacle, ne sera pas condamné. La relaxe accordée à l'humoriste de 82 ans en septembre dernier a en effet été confirmée ce mardi. A l'audience en appel, en mai dernier, le parquet avait pourtant requis une condamnation contre Guy Bedos - sans toutefois préciser quelle peine devait lui être infligée. Aucun des deux protagonistes de ce conflit ne s'est déplacé ce mardi à Nancy pour le prononcé du jugement - pas plus que leurs avocats.

Morano tance la justice et se pouvoit en cassation

Habituée à communiquer sur les réseaux sociaux, Nadine Morano a une tenu à réagir sur facebook, dans un post intitulé "Humoriste : permis d'insulter !" " En France, au nom de la liberté d'expression hautement dévoyée, un homme s'arrogeant le statut d'humoriste dipose de la liberté d'insulter en toute impunité", écrit Nadine Morano qui pointe clairement du doigt la justice qui, selon elle, "reconnait un droit à insulter" et qui "met en danger les femmes" par sa décision. "Après le célèbre mur des cons, comment garder confiance en une impartialité de la justice..." critique l'ancienne ministre sur le réseau social. Pour Nadine Morano, le combat qui l'oppose à Guy Bedos n'est pas terminé puisque elle a demandé à ses avocats de se pourvoir en cassation. 

Bedos fidèle à lui-même

En première instance, le tribunal correctionnel avait estimé que Guy Bedos était "dans son registre habituel" d'humoriste lorsqu'il avait insulté l'ex-ministre du gouvernement Fillon III (2010-2012), en octobre 2013 devant 1.300 spectateurs, dans son fief électoral de Toul (Meurthe-et-Moselle). Le tribunal avait  notamment jugé que l'artiste était resté dans "la loi du genre" en tant que comique, et qu'il n'avait "pas dépassé ses outrances habituelles". Le parquet avait alors fait appel de cette décision de relaxe.
 
En septembre 2015,  l'eurodéputée avait accusé Guy Bedos de lui vouer une "animosité personnelle". Cette dernière avait déclaré dans une interview au Figaro  "Beaucoup d'humoristes, comme Laurent Gerra, font des sketches sans franchir la ligne jaune de l'injure. Bedos était dans la ville où j'étais élue quand même ! Il utilise toujours l'argument de la langue rabelaisienne mais c'est plutôt de la langue bedosienne dont il s'agit". L'humoriste avait de son côté récusé tout misogynie.