Monty Python : triomphe pour le 1er soir des adieux des légendes du rire

Par @Culturebox
Mis à jour le 02/07/2014 à 14H17, publié le 02/07/2014 à 10H17
Les Monty Python en novembre 2013

Les Monty Python en novembre 2013

© LEON NEAL / AFP

Déjà septuagénaires mais toujours fidèles à leur humour déjanté, les Monty Python ont offert hier soir, le 1er juillet, à un Londres impatient la première d'une série de dix spectacles qui devraient être les derniers pour les rois de l'absurde. Ce 2 juillet la critique a réservé un accueil mitigé mais bienveillant au spectacle parfois "daté" mais toujours "émouvant" de la troupe mythique.

Devant 14.000 fans réunis à l'O2 Arena, John Cleese, Michael Palin, Terry Gilliam, Eric Idle et Terry Jones ont changé de costume plus d'une dizaine de fois au cours d'un spectacle mêlant comédie, animation, archives vidéo et  morceaux de musique.

Le perroquet mort, la fromagerie : les classiques très applaudis

Les Monty Pythons sont célèbres pour avoir proposé un nouveau type de comédie dans les années 1970 avec leur émission télévisée "Flying Circus" puis avec leurs films à succès "La Vie de Brian" et "Sacré Graal". Bien que leur dernier spectacle remonte à 1980, ils peuvent toujours compter sur des fans du monde entier et les billets pour la première des dix  soirées se sont écoulés en 44 secondes.

Idle, le metteur en scène, avait promis du grand spectacle, mais ce sont les vieux sketchs, plus modestes mais au timing comique parfait, qui auront rencontré le plus de succès. Beaucoup de spectateurs ont pleuré de rire lorsque Palin et Cleese ont joué leur légendaire sketch du perroquet mort, dans lequel Cleese rapporte l'oiseau à l'animalerie en répétant qu'il "n'est plus". Même succès pour le sketch de la fromagerie, dans lequel chaque variété demandée par Cleese est en rupture de stock, et à l'issue duquel le duo n'a pu se retenir de rire. 

"C'était génial, mieux que prévu", se réjouissait David Mallinson, 48 ans, venu de Manchester avec ses deux fils. "J'ai les larmes aux yeux, l'atmosphère  était incroyable". "Le fait qu'ils aient oublié certaines de leurs répliques et ri à leurs propres blagues l'a presque rendu meilleur", abondait son fils de 17 ans, James.

Un public acquis, parfois déguisé

Absurdités, sous-entendus sexuels et blagues à base de pets étaient comme prévu au rendez-vous mardi soir, mais l'armée, la justice et la religion en ont également pris pour leur grade. La soirée s'est terminée avec un choeur massif sur "Always look on the  bright side of life" ("Prenez toujours la vie du bon côté"), la chanson qui  conclut "La Vie de Brian", le film de 1979 inspiré de la vie de Jésus, qui  avait fait scandale à sa sortie.

Plusieurs fans s'étaient déguisés, en preux chevaliers tout droit sortis de "Sacré Graal" ou en habit religieux emprunté au sketch sur l'Inquisition. Richard Hallier, cadre marketing de 39 ans vêtu en cardinal, disait avoir savouré chaque instant du spectacle. "C'était vraiment bien, même si ça s'est fini trop vite. Heureusement, j'ai réservé deux autres soirées", s'est-il félicité.

La presse plutôt réservée

A part The Express, dithyrambique, la presse est, elle, réservée sur le spectacle : "Pas grand-chose n'a été fait pour actualiser le script", constate le Guardian même si, ajoute-t-il, "il faudrait avoir un coeur en pierre pour ne pas prendre plaisir à les entendre de nouveau". "Est-ce qu'ils ont toujours la même verve comique qu'il y a quarante ans ?  Non. (...) Pour autant, il y a eu beaucoup de rires, des rires de reconnaissance plutôt que des rires de surprise mais des  rires francs", écrit leTimes. "Ceci est un show pour les fans, pas pour les néophytes. Mais combien de néophytes y a-t-il lorsqu'on parle des Python ?", résume le Sun, le quotidien le plus lu en Grande-Bretagne.

Droits TV vendus jusqu'au Yemen

Le fait que les Rolling Stones du rire se réunissent aussi parce qu'ils ont besoin d'argent n'était absolument pas abordé mardi soir. Ni la confession faite lundi par Palin qu'il était essoufflé après seulement dix minutes de répétition. Reste à tenir la distance sur dix spectacles jusqu'à l'ultime  représentation du 20 juillet, une "fête complètement déjantée", diffusée en direct dans les cinémas du monde entier et dont les droits TV ont été vendus jusqu'au Yemen et en Afghanistan.

"On pourra dire au revoir aux gens. Personne n'a jamais l'occasion de faire  ça, les Beatles n'ont pas eu droit à un dernier spectacle", a rappelé Eric Idle avant le show. Baptisé "One Down, Five to Go" (Un à terre, cinq prêts à y aller), le spectacle constitue aussi un hommage au sixième membre de la troupe, Graham Chapman, mort en 1989 d'un cancer de la gorge.

"Le meilleur d'entre eux est mort il y a des années déjà", a lancé Mick Jagger dans un petit clip de promotion plein d'auto-dérision et parfaitement dans le ton des Monty Pythons. "Je veux dire, a-t-il ajouté, qui veut vraiment les voir encore? Cette bande de vieillards ridés voulant revivre leur jeunesse et faire des tonnes d'argent".