Dieudonné jugé aujourd'hui pour des propos antisémites contre Patrick Cohen

Par @Culturebox
Mis à jour le 28/01/2015 à 09H23, publié le 26/01/2015 à 14H14
Dieudonné a sa sortie du Pôle de la Brigade de répression de la délinquance le 14 janvier 2015, à l'issue de sa garde à vue dans le cadre de l'affaire "Charlie Coulibaly

Dieudonné a sa sortie du Pôle de la Brigade de répression de la délinquance le 14 janvier 2015, à l'issue de sa garde à vue dans le cadre de l'affaire "Charlie Coulibaly

© PHOTOPQR/LE PARISIEN / PHILIPPE LAVIEILLE

Dieudonné doit être jugé ce mercredi pour provocation à la haine raciale pour des propos sur le journaliste de France Inter Patrick Cohen qui avaient déclenché le processus d'interdiction de son spectacle il y a un an. Il pourrait être présent à l'audience.

"Tu vois, lui, si le vent tourne, je ne suis pas sûr qu'il ait le temps de faire sa valise", déclarait le polémiste dans son spectacle Le Mur. "Quand je l'entends parler, Patrick Cohen, je me dis, tu vois, les chambres à gaz... Dommage."

Dieudonné s'en prenait depuis plusieurs mois au journaliste de Radio France qui avait publiquement assuré qu'il n'inviterait jamais le polémiste déjà condamné à plusieurs reprises pour diffamation, injure et provocation à la haine et à la discrimination raciale, et égratigné des confrères refusant d'envisager un tel boycott. Mais la diffusion de ces propos dans un reportage sur France 2 en décembre 2013 avait déclenché une vive réaction de Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, qui avait donné instruction aux préfets d'engager des mesures d'interdiction de représentations du spectacle pour risques de "troubles à l'ordre public".

La justice administrative ayant rejeté les recours de Dieudonné contre ces interdictions, le polémiste avait finalement présenté une nouvelle version de son spectacle, expurgée de ses attaques les plus frontales contre les Juifs. Parallèlement, le parquet de Paris avait ouvert une enquête pour "incitation à la haine raciale" sur les propos antisémites visant Patrick Cohen. Le journaliste ne s'est pas constitué partie civile.

Habitué des prétoires

La défense de Dieudonné, qui encourt un an de prison et 45.000 euros d'amende, va plaider la relaxe et entend "replacer cette affaire dans son contexte", selon Me Sanjay Mirabeau, un de ses avocats. Car pour lui, les propos incriminés sont "juste l'étincelle, pas la cause principale" ayant conduit à l'interdiction du spectacle de Dieudonné.

Pour la défense, la sortie de Dieudonné relève avant tout "d'un échange, vif certes, mais un échange" à distance avec le journaliste. "Nous allons voir exactement les propos de M. Cohen", a expliqué l'avocat, qui dit avoir renoncé à faire citer le journaliste comme témoin "pour la sérénité des débats et pour ne pas instrumentaliser le tribunal".

Dieudonné M'bala M'bala, 48 ans, est un habitué des prétoires, avec plusieurs condamnations à des peines d'amende pour ses propos controversés. Vendredi 23 janvier, il a été condamné à 6.000 euros d'amende pour avoir lancé sur internet fin 2013 un appel aux dons pour payer de précédentes amendes.

Et il est toujours sous le coup de plusieurs procédures judiciaires. La dernière, pour apologie du terrorisme, lui vaut d'être convoqué devant le tribunal correctionnel de Paris le 4 février. En cause, un message posté sur le réseau social Facebook dans lequel il écrivait "je me sens Charlie Coulibaly", en référence à l'un des auteurs des attentats meurtriers de Paris, qui a tué quatre Juifs dans un supermarché cacher ainsi qu'une policière municipale. Il a également été mis en examen en juillet pour fraude fiscale, blanchiment et abus de biens sociaux.