Affaire Marine Le Pen : Nicolas Bedos relaxé

Par @Culturebox
Mis à jour le 28/05/2014 à 18H21, publié le 28/05/2014 à 18H19
Nicolas Bedos le 23 janvier 2014 à Paris, lors d'une rencontre avec le public dans une grande enseigne de vente de produits culturels

Nicolas Bedos le 23 janvier 2014 à Paris, lors d'une rencontre avec le public dans une grande enseigne de vente de produits culturels

© Christophe Clovis / MaxPPP

Poursuivi en justice après avoir traité Marine Le Pen de "salope fascisante" dans un magazine, l'humoriste Nicolas Bedos a été relaxé mercredi à Paris.

Dans une chronique parue le 14 janvier 2012, Nicolas Bedos évoquait les expulsions menées l'année précédente, sous la présidence Sarkozy, alors que Claude Guéant était ministre de l'Intérieur : "La droite entend ainsi lutter contre la montée de l'extrême droite. 'Ne laissons pas le terrain à Marine, la VRAIE méchante' (...) Sauf que personne n'empêchera quelques idéalistes rigides de penser qu'à force de singer la salope fascisante celle-ci est déjà au pouvoir : (...) on l'appelle Claude Guéant."

Marine Le Pen avait porté plainte. Le directeur de publication de l'hebdomadaire "Marianne", Maurice Szafran, était poursuivi pour "injure" et Nicolas Bedos, auteur de la chronique, pour "complicité". L'avocat de la présidente du Front National, Wallerand de Saint-Just, avait estimé à l'audience en avril que cette chronique "n'(était) pas drôle, c'est l'expression d'une opinion politique", cadre dans lequel "on n'a pas le droit d'utiliser l'injure objective de 'salope'".

"La caricature autorise l'outrance", estime le tribunal
La procureure, tout en reconnaissant que Nicolas Bedos "manie les deux casquettes", humoriste et chroniqueur politique, avait estimé que la phrase litigieuse se situait "dans le registre de l'humour, de la caricature qui autorise l'outrance" et requis la relaxe. La 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris a suivi, estimant qu'il était "parfaitement clair pour tout lecteur que la chronique en cause se situe dans un registre aux accents délibérément provocateurs et outranciers, revendiqué comme tel".

Pour le tribunal, ce style "pamphlétaire" n'était pas contradictoire avec la "polémique politique" accusant Claude Guéant - lui-même décrit comme "une tête de bite sous Prozac" - de "singer" l'extrême droite.