Guy Bedos dénonce "l'acharnement pénitentiaire" contre Yvan Colonna

Par @Culturebox
Mis à jour le 16/08/2013 à 11H26, publié le 16/08/2013 à 10H30
Guy Bedos et un dessin d'Yvan Colonna réalisé au tribunal de Paris le 2 mai 2011

Guy Bedos et un dessin d'Yvan Colonna réalisé au tribunal de Paris le 2 mai 2011

© SYSPEO/SIPA & BENOIT PEYRUCQ / AFP

L'humoriste critique "l'acharnement pénitentiaire" contre le nationaliste corse Yvan Colonna, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour l'assassinat du préfet Claude Érignac, dans un entretien publié vendredi par le quotidien Corse-Matin.

Yvan Colonna avait été transféré en juillet de la prison d'Arles (Bouches-du-Rhône) vers celle de Réau (Seine-et-Marne) après des suspicions de projet d'évasion à l'explosif. "Aujourd'hui, au lieu de le rapprocher de sa famille, comme la loi l'autorise, on éloigne Yvan Colonna qui est considéré depuis dix ans comme un détenu exemplaire", explique Guy Bedos, membre de la Ligue des droits de l'homme (LDH).

"La perpétuité ne suffit pas, il faut qu'il en bave. C'est aussi une double peine pour sa famille qui doit payer de plus en plus cher pour lui rendre visite. Après l'acharnement judiciaire, on assiste à un acharnement pénitentiaire", s'indigne-t-il, de passage dans sa maison de Lumio en Balagne (Haute-Corse).

Guy Bedos, qui a entretenu une correspondance avec Yvan Colonna, émet également des doutes sur les raisons véritables de son transfert à Réau, au moment où ses avocats ont lancé une procédure afin de lui retirer son statut de détenu particulièrement signalé (DPS), dans le but d'obtenir son rapprochement à la prison de Borgo (Haute-Corse). Présent à ses côtés, le représentant en Corse de la LDH, André Paccou, ajoute que l'"on nous fabrique un homme irrémédiablement dangereux. Et par voie de conséquence, nécessitant un traitement carcéral d'exception, avec en perspective, l'exil à perpétuité."

Engagement humaniste

"Choqué par le traitement judiciaire de l'affaire depuis le début", Guy Bedos a décidé de s'exprimer sur le transfert d'Yvan Colonna non pas en qualité "de pinzutu (continental, ndlr), d'humoriste ou de people", mais en tant que membre de la LDH, animé par "un goût profond pour la justice", ajoute-t-il. À la question du quotidien insulaire lui demandant si derrière cet engagement ne se cachait pas "la volonté de se faire bien voir en Corse, où il possède une résidence secondaire", l'humoriste répond: "non".

"Mon engagement est humaniste. Il n'y a pas si longtemps, je me suis rendu en Tunisie pour soutenir les opposants au gouvernement islamiste. Et si Colonna, un homme présumé innocent avec tout contre lui, était venu chez moi à l'époque pour demander l'hospitalité, je l'aurais hébergé", déclare-t-il, en ajoutant respecter "la douleur de la famille Érignac".