"Exhibit B" à Saint-Denis : deux manifestants interpellés dimanche soir

Par @Culturebox
Mis à jour le 01/12/2014 à 11H42, publié le 01/12/2014 à 09H12
Manifestants devant le théâtre Gérard Philippe à Saint-Denis

Manifestants devant le théâtre Gérard Philippe à Saint-Denis

© MARTIN BUREAU / AFP

Au terme de quatre jours de représentations, rythmés de manifestations devant le théâtre Gérard-Philippe de Saint-Denis, "Exhibit B", accusé de "racisme", s'est achevé dimanche avec l'interpellation de deux personnes qui ont réussi à s'introduire dans l'exposition, a-t-on appris de source policière.

Dimanche soir, près d'une centaine de manifestants étaient à nouveau rassemblés à Saint-Denis, pour demander l'annulation du spectacle de l'artiste sud-africain Brett Bailey, joué depuis jeudi.
Selon une source policière, deux personnes ont été arrêtées. "Elles sont parvenues à s'infiltrer avec un groupe de spectateurs dans le théâtre et ont exprimé leur mécontentement à l'entrée de l'exposition, avant d'être interpellées", a déclaré cette source à l'AFP.

Dans la rue, le rassemblement encadré d'un important dispositif policier s'est néanmoins "déroulé dans le calme et dans un climat moins violent que les soirées précédentes", a-t-elle poursuivi.

"Profond malentendu" selon l'artiste

Cette installation, qui plonge le spectateur dans l'histoire coloniale à travers douze tableaux vivants où des acteurs retracent la souffrances des Noirs, est en proie à une pétition lancée par un collectif baptisé "Contre Exhibit B".

Reportage : F. Hovasse, O. Badin, L. Decaix, S. Barle
Pour ses détracteurs, elle est considérée comme une "insulte" car "elle fait référence aux zoos humains d'avant la Deuxième guerre mondiale, où des Noirs étaient exhibés pour le divertissement des Blancs dans une époque encore bien plus raciste que la nôtre".

Selon Brett Bailey, Blanc né sous l'apartheid, il s'agit d'un profond malentendu "de la part de gens qui n'ont pas vu l'installation". Pendant quatre jours, deux visions de "l'anti-racisme" se sont affrontées à Saint-Denis.

"Brigades anti-négrophobie" réclamaient l'annulation

A l'intérieur du théâtre, où l'oeuvre est accueillie comme un manifeste antiraciste, qui suscite émotion et réflexion, et à l'extérieur où les manifestants, certains arborant des T-shirts où l'on pouvait lire "Brigade anti-négrophobie", n'ont cessé de réclamer son annulation en scandant "Respectez nos ancêtres".

"On voit très peu d'acteurs noirs au théâtre et quand il y en a c'est pour les montrer comment ? Opprimés, dominés. On lutte tous les jours pour faire reculer le racisme et voir cette installation à l'affiche, c'est ça qui créé la frustration", a expliqué à l'AFP, Lucien, un manifestant.

Le spectacle, vu sans incidents en France l'an passé, sera accueilli au Centquatre à Paris du 7 au 14 décembre. Ses détracteurs ont d'ores et déjà appelé à poursuivre leur mouvement.