Festivals : une centaine de suppressions à cause des baisses de subvention

Par @Culturebox
Mis à jour le 15/03/2015 à 16H36, publié le 15/03/2015 à 14H10
Le "Festival des musiques de jazz et d'ailleurs" d'Amiens est l'un des festivals supprimés, après 33 ans d'existence faute de subvention. Ici : Hocus Pocus au  Festival en 2008.

Le "Festival des musiques de jazz et d'ailleurs" d'Amiens est l'un des festivals supprimés, après 33 ans d'existence faute de subvention. Ici : Hocus Pocus au  Festival en 2008.

© Fred HASLIN/PHOTOPQR/LE COURRIER PICARD

Une centaine de festivals à travers la France ont été supprimés ou annulés en raison principalement des coupes budgétaires pratiquées par les collectivités locales ou régionales, selon un article publié ce dimanche 15 mars par le journal Le Parisien.

Le journal se base sur le décompte réalisé par Emeline Jersol, médiatrice culturelle travaillant pour Le Boulon, un centre national des arts de la rue situé à Vieux-Condé, près de Valenciennes (Nord). Cette dernière tient depuis le début de l'année le registre des "festivals, structures et associations supprimés/annulés" à travers une carte interactive qu'elle a baptisée "cartocrise" et qui est visible sur le site internet OpenStreetMap consacré aux cartes.

Changements d'équipes municipales

On peut relever actuellement sur cette carte 143 points correspondant, soit à des festivals annulés soit à des structures fermées dans le domaine de la musique, du théâtre, de la danse, des arts plastiques, des arts de la rue, de la littérature ou d'autres domaines. Parmi ceux-ci une centaine correspondent à des festivals supprimés ou bien dont l'édition 2015 a été annulée.

Ces suppressions ou annulations résultent surtout de suppressions de subventions publiques, en particulier municipales après l'arrivée de nouvelles équipes à la tête de villes, à la suite des élections de mars 2014, selon Le Parisien. "Un nouveau maire c'est une nouveau réseau : je te sabre parce que tu as soutenu l'autre" explique dans ce journal Emmanuel Négrier, chercheur au CNRS et auteur du livre "Festivals de musiques : un monde en mutation".

"Même les gros festivals sont menacés" selon le directeur Les Eurockéennes de Belfort
Le groupe Fancy au festival "Les Voix du Gaou" à Six-Four en 2008

Le groupe Fancy au festival "Les Voix du Gaou" à Six-Four en 2008

© URMAN LIONEL/SIPA
Le Parisien donne comme exemple le festival Les Voix de Gaou qui existait depuis 17 ans à Six-Flours-les-Plages (Var) et qui a été supprimé en raison d'un mélange de baisse de fréquentation, de "surenchère" en matière de cachets pour les artistes et de baisse des dotations de l'État. Dans le même quotidien, le directeur du festival de rock de Belfort, Les Eurockéennes (plus de 100.000 personnes attendues pour l'édiction 2015), Jean-Paul Roland, estime que "même les gros festivals sont menacés" à cause de  la baisse des subventions publiques et aussi de la réorganisation des régions.