Crise à l'Opéra Théâtre de Saint-Etienne : les licenciements de cadres confirmés

Par @Culturebox
Mis à jour le 26/12/2014 à 10H43, publié le 26/12/2014 à 10H26
L'Opéra Théâtre de Saint-Etienne est dans la tourmente (ici, "La Voix humaine" de Francis Poulenc en mars 2010)

L'Opéra Théâtre de Saint-Etienne est dans la tourmente (ici, "La Voix humaine" de Francis Poulenc en mars 2010)

© Celik Erkul / PhotoPQR / Le Progrès / MAXPPP

La ville de Saint-Etienne a décidé de licencier quatre des principaux dirigeants de l'Opéra Théâtre municipal, évoquant de "graves dysfonctionnements" au sein de la principale institution culturelle de la ville.

La municipalité, conduite par Gaël Perdriau (UMP), a confirmé à l'AFP avoir signifié ces dernières semaines un licenciement pour faute à trois d'entre eux : la directrice de production Nathalie Platret, le directeur musical et chef  d'orchestre Laurent Campellone, ainsi que le directeur général de l'Opéra Théâtre, Vincent Bergeot.
 
Elle ajoute qu'un quatrième licenciement est à prévoir, visant le secrétaire général de l'Opéra Théâtre, David Camus, "dont le poste a été supprimé" en octobre.
 
Ce dernier est actuellement sous le coup d'une exclusion de trois mois (du 21 novembre 2014 au 20 février 2015), sans traitement, une sanction dont le juge des référés du Tribunal administratif de Lyon vient de prononcer l'annulation.
 
La municipalité invoque des dysfonctionnements
 
La municipalité affirme que cette série de limogeages résulte d'audits et d'une enquête administrative relative à "de graves dysfonctionnements financiers et en matière de sécurité".
 
Ce rebondissement intervient alors qu'en mai dernier, quatre des neuf responsables municipaux intervenant dans le domaine de la culture, suspendus fin avril, avaient été réintégrés.
 
Parmi les cinq autres cadres dont la suspension avait été maintenue, le directeur général adjoint de la ville de Saint-Etienne en charge de la culture,  François Corbier, avait démissionné durant l'été pour prendre les fonctions de directeur général des services de la ville de Dunkerque (Nord).
 
L'ancien maire socialiste parle de chasse aux sorcières
 
La ville de Saint-Etienne avait par ailleurs supprimé en octobre cinq des dix postes de cadres de l'Opéra Théâtre, qui compte 80 salariés. Une mesure qui  aura notamment pour conséquence de réaliser "une économie de fonctionnement annuelle comprise entre 320.000 et 340.000 euros", selon l'adjoint à la  Culture, Marc Chassaubéné.
 
La direction par intérim de l'institution culturelle est actuellement assurée par Eric Blanc de la Naulte, licencié pour faute en 2009 par le maire socialiste de l'époque, Maurice Vincent.
 
Le sénateur Maurice Vincent a réagi jeudi à l'ordonnance en référé du Tribunal administratif de Lyon de réintégrer le secrétaire général de l'Opéra Théâtre, en soulignant que "la ville va donc devoir continuer à le rémunérer (ce qui est normal), alors même que le maire a déjà supprimé son poste".
 
Il a évoqué "une chasse aux sorcières à la fois ahurissante et scandaleuse" organisée par son successeur "contre des fonctionnaires impartiaux et compétents (...) comme si l'intelligence faisait désormais peur aux élus !".