Bartabas remonte sur scène : "Il faut révéler la poésie qui est en nous"

Par @Culturebox
Mis à jour le 27/10/2015 à 10H56, publié le 27/10/2015 à 10H22
Bartabas sur le plateau de France 2

Bartabas sur le plateau de France 2

© France 2

Avec "On achève bien les anges (élégies)", Bartabas a voulu mettre dans son nouveau spectacle de la poésie et de la tendresse. Un spectacle fortement marqué aussi par le choc que lui a causé le massacre de Charlie Hebdo au mois de janvier.

Quand il parle de son nouveau spectacle "On achève bien les anges (élégies)", dont le titre est une déformation du film de Sydney Pollack, Bartabas parle d'abord du massacre de Charlie Hebdo qui en a beaucoup influencé la conception : "C'est quelque chose qui m'a profondément marqué, dit-il. On appelle ça des attentats mais ce ne sont pas des attentats, ce sont des meurtres ciblés sur des artistes qui disaient quelque chose et qui ont construit toute mon enfance.

Bartabas était l'invité d'Elise Lucet dans les Cinq dernières minutes du 13 heures de France 2
"Je suis un gamin de Tintin, Spirou, Pilote puis Fluide Glacial, Hara-kiri et Charlie Hebdo. C'est une perte très profonde. C'est des gens qui m'ont aidé à me construire", poursuit Bartabas. Cette douleur intime est ce qui explique aussi le titre, "élégies". Elegie, poème douloureux et nostagique, littéralement, en grec, chant de mort...
Les dessinateurs de Charlie Hebdo, toujours présents à l'esprit de Bartabas

Les dessinateurs de Charlie Hebdo, toujours présents à l'esprit de Bartabas

© France 2
"On achève bien les anges (élégies)" est le treizième spectacle de Bartabas et c'est la 1ère fois qu'on le revoit au centre de la scène depuis douze ans. "C'était le moment juste, je ne réfléchis pas trop. Comme le dit mon fils, c'est tes deniers feux, faut en profiter".
"On achève bien les anges (élégies)"

"On achève bien les anges (élégies)"

© France 2
Pourquoi avez-vous eu envie de revenir au centre de l'arène? lui demande Elise Lucet. Vous y paraissez plus vulnérable. On vous sent plus tourmenté qu'avant. "Les trois derniers spectacles, j'étais là tous les soirs, répond Bartabas, mais pas sur scène. J'avais envie de casser un peu la statue Barttabas. Y a pas mal d'humour, pas mal de décadence aussi. J'avais envie de poésie et de tendresse parce que le monde en manque cruellement. La vraie pertinence aujourd'hui, c'est de révéler la poésie qui est en nous".

"Le Caravage"

Ce spectacle démarre au moment où sort mercredi le film qu'Alain Cavalier a réalisé avec Bartabas et son cheval "Le Caravage".
"Le Caravage", huit ans de travail

"Le Caravage", huit ans de travail

© France 2
"Pendant 8 ans, explique-t-il, on a travaillé avec le Caravage. Avec Alain, c'est parti sans compromis. Je viens, m'a-t-il dit, si ca fait un film, ça fait un film, sinon tant pis. Je monte tous les matins, poursuit Bartabas, Ce sont mes entretiens silencieux. J'en ai besoin. J'ai besoin de monter quatre ou cinq chevaux le matin. Les chevaux, ça me permet de me recentrer et d'aborder les relations avec les êtres humains".