Des milliers d'intermittents défendent leur statut dans la rue

Par @Culturebox
Mis à jour le 20/03/2014 à 19H01, publié le 20/03/2014 à 15H50
A la manifestation des intermittents, le 20 mars 2014 à Paris.

A la manifestation des intermittents, le 20 mars 2014 à Paris.

© Citizenside / Christophe Estassy / AFP

Plusieurs milliers d'intermittents ont manifesté jeudi après-midi à Paris, alors que se tenait l'ultime séance de négociations sur l'assurance-chômage qui décidera de l'avenir de leur régime. Les intermittents se sont également mobilisés à Marseille, Lyon et Reims.

Sous un soleil printanier, le cortège s'est ébranlé en début d'après-midi de la place de l'Odéon et a rejoint en fin d'après-midi le siège parisien du Medef, non loin du Champ de Mars. Dans le défilé se mêlaient char de marionnettes géantes, orchestre de jazz, percussions brésiliennes, comédiens sur des échasses ou encore quelques poussettes. 
Plusieurs dizaines d'intermittents ont par ailleurs investi l'Opéra Garnier dans l'après-midi, déployant une banderole sur son grand balcon et comptant bien "y rester", selon Loïc Cantrot, de la CGT-Spectacle.
 
Selon la CGT, la mobilisation était plus forte ce jeudi que lors de la manifestation du 27 février, qui avait rassemblé 7.000 intermittents à Paris d'après le comptage du syndicat.
 
"Ce métier ne peut pas se faire sans les intermittents. Cela nous permet de faire des films de qualité, avec des techniciens de qualité", a déclaré à Patrice Martineau, un des réalisateurs de la série "Un village Français", précisant que chaque jour 80 intermittents travaillaient sur le tournage de cette série phare de France 3. D'autres équipes figuraient parmi les manifestants, dont celles des séries "Falco" et "Profilage", diffusées sur TF1.
A Marseille, Lyon et Reims aussi
Les intermittents se sont également mobilisés dans plusieurs villes de France. A Marseille, environ 600 intermittents selon les organisateurs, 450 selon la police, ont envahi le Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (Mucem) à l'issue de leur manifestation au départ de la Canebière. Ils occupaient toujours le bâtiment à 17h, encadrés par des forces de police.

"Tant que les propositions que nous faisons ne sont pas prises en compte, nous ne quitterons pas les lieux", a déclaré à l'AFP Catherine Lecoq, syndicaliste CGT.
 
A Lyon, quelque 250 manifestants s'étaient rassemblés sur la place Bellecour en début d'après-midi, selon la préfecture. Une partie d'entre eux, mêlant intermittents et précaires, a ensuite investi les locaux de la CGPME.
 
A Reims, une centaine d'artistes et techniciens ont également défilé jeudi en scandant "Intermittents: culture pour tous". Les manifestants avaient prévu un pique-nique et des prises de paroles devant les locaux du Medef.
 
Où en sont les discussions ?
Les partenaires sociaux doivent fixer les droits de l'ensemble des chômeurs et le montant des cotisations des salariés et des employeurs pour les années à venir. Ils doivent jongler avec un taux de chômage proche de son record historique (2,24 millions de personnes indemnisées) et un déficit global du régime qui pourrait atteindre plus de 4 milliards d'euros à la fin de l'année.
 
Dans cet ensemble, les intermittents du spectacle représentent environ 112.000 personnes indemnisées et le surcoût de leur régime d'indemnisation, plus favorable, est estimé entre 300 et 350 millions d'euros.
Le mois dernier, le Medef est entré dans la négociation avec une proposition choc: la suppression du régime spécifique des intermittents du spectacle et leur réintégration dans le régime général. Depuis, "le Medef a pris en compte notre mobilisation et ne propose plus de supprimer le régime des intermittents. Mais tout ce qu'il propose, c'est de réduire les allocations et refuse une remise à plat complète du régime", déplore Eric Aubin, chef de file de la CGT dans la négociation sur l'assurance-chômage. 
 
De source syndicale, le patronat propose également l'augmentation des cotisations salariés-employeurs et l'ouverture de négociations avec l'Etat d'ici la fin de l'année. 
 
Ces deux pistes font partie des mesures préconisées par certains syndicats d'employeurs et de salariés du secteur, qui en échange proposent un assouplissement des conditions d'accès à l'indemnisation (actuellement 507 heures travaillées sur dix mois). Ce dernier point ne figure toutefois pas dans le projet du Medef.