Des intermittents devant le ministère du travail, le théâtre de l'Odéon bouclé

Par @Culturebox
Mis à jour le 26/04/2016 à 11H58, publié le 25/04/2016 à 10H22
Les intermittents occupent l'Odéon, 25 avril 2016

Les intermittents occupent l'Odéon, 25 avril 2016

© CITIZENSIDE / patrice pierrot / citizenside

Une cinquantaine d'intermittents du spectacle, rejoints par des étudiants et des militants du mouvement Nuit Debout, occupent depuis dimanche soir le théâtre de l'Odéon à Paris "pour peser sur les négociations d'assurance chômage", a indiqué la Coordination des intermittents et précaires.

Des intermittents, dont certains occupent le théâtre de l'Odéon, se sont rassemblés, lundi, devant le ministère du Travail à Paris alors que se poursuit la dernière journée de négociations considérée comme décisive pour l'avenir de leur régime spécifique d'assurance chômage. Entre trois et quatre cents intermittents se sont rassemblés, à l'appel de la CGT-Spectacle et la Coordination des intermittents et précaires (CIP), à l'entrée de la rue de Grenelle où des barrages filtrants avaient été mis en place par les forces de l'ordre. C'est là que se tient, sans doute jusque tard dans la soirée, la négociation interne à la profession, en vue d'un accord qui doit être transmis à l'Unedic avant jeudi. Profitant d'une pause dans les négociations, Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT-Spectacle est venu à la rencontre des manifestants. "Il peut y avoir un accord avec nos employeurs ce soir mais si accord il y a, il ne reprendra pas la lettre de cadrage qui est inacceptable", a-t-il dit.

Reportage : M. Prévost / P. Aliès / R. Saint-Estève / L. Comiot

Assemblée générale au théâtre de l'Odéon

Les participants à ce rassemblement devaient ensuite rejoindre le théatre de l'Odéon pour une assemblée générale. Le théâtre devait héberger l'assemblée générale quotidienne de Nuit debout, exceptionnellement délocalisée de la Place de la République. Un cordon de CRS bloquant l'entrée du Theâtre de l'Odéon, l'assemblée générale devait se tenir sur le parvis de l'Odéon. "Le refus d'ouvrir le théatre est la preuve que le gouvernement ne soutient pas le mouvement", a déclaré depuis la terrasse du théâtre, un représentant des intermittents munie d'un mégaphone. "Nous continuerons cette occupation, nous ne bougerons pas", a-t-il poursuivi.

Les militants ont demandé à l'administrateur de pouvoir occuper le théâtre de l'Odéon jusqu'à mardi.  

Une semaine décisive

Les intermittents du spectacle se préparent à une semaine décisive pour leur régime spécifique d'assurance chômage, avec l'ultime séance lundi de négociation interne à la profession, en vue d'un accord qui doit être transmis à l'Unedic avant jeudi.

Le cadrage financier, proposé le 24 mars par la partie patronale et signé par la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC (syndicats minoritaires dans le spectacle) impose un effort global de 185 millions d'euros d'économies en année pleine d'ici à 2018 aux intermittents mais suggère que l'Etat en compense une partie, à hauteur de 80 millions.

Ces conditions sont jugées "inacceptables" par la CGT et la Coordination des Intermitttents et précaires, qui ont réussi à mobiliser largement leur base lors d'assemblées générales très suivies à Paris et en province. "Nous sommes une cinquantaine dans l'enceinte du théâtre de l'Odéon et environ 150 autres personnes sont bloquées dehors, il en arrive de plus en plus", précise le CIP.

Banderoles sur la façade

Le théâtre a été investi par des militants de la Coordination des intermittents et précaires, des étudiants et des membres du mouvement Nuit Debout. "Nous avons lancé des appels à nous rejoindre que Nuit Debout a relayé. L'information passe", affirment les intermittents.Trois banderoles ont été suspendues à la façade du théâtre, dont "Pas de droit au travail sans droit au chômage". "Nous relions deux luttes : celle pour le retrait total de la loi travail et celle contre les économies demandées sur le dos des chômeurs", souligne la Coordination.

"Les négociations de l'Unedic prévoient de priver les chômeurs, précaires et intermittents de 800 millions d'euros, alors même que la majorité d'entre eux ne sont pas indemnisés", indique un communiqué du CIP. "Ces coupes budgétaires brutales sont préconisées par le gouvernement. Et la plupart des partenaires +sociaux+, Medef en tête, avalisent déjà cette orientation catastrophique".