Dans les couloirs ou sur les balcons, Charmatz fait danser tout l'Opéra Garnier

Par @sophiejouve1 Rédactrice en chef adjointe de Culturebox, responsable de la rubrique Théâtre-Danse
Mis à jour le 11/02/2016 à 12H05, publié le 23/09/2015 à 12H17
Caroline Osmont, quadrille, danse du hip-hop sur la loggia

Caroline Osmont, quadrille, danse du hip-hop sur la loggia

© François Guillot/AFP

Ils sont partout les danseurs, dans l'escalier, les couloirs, ou sur les balcons, partout sauf sur la scène de l'Opéra ! Ce spectacle nomade surprenant et touchant a été imaginé par Boris Charmatz. Le directeur du Centre chorégraphique national de Rennes, par ailleurs ami de Benjamin Millepied, nous convie à une traversée de l'histoire de la danse à travers 11 lieux de l'illustre maison.

En haut du grand escalier on se cognerait presque à Samuel Murez, quadrille qui interprète avec la même aisance les mouvements désarticulés de "Petrouchka" la poupée russe que les gestes saccadés des héros de Tex Avery ! A quelques mètres de là, Julie Martel, quadrille, virevolte sur l'air d'un Américain à Paris.

Un rapport privilégié avec le danseur

Une vingtaine de danseurs participent à cette aventure, de l'étoile Benjamin Puech à de tous jeunes danseurs cantonnés habituellement au corps de ballet. Ils exécutent chacun 3 ou 4 solos, de Nijinski à Merce Cunningham, de Noureev à Michael Jackson...
"20 danseurs pour le XXe siècle" de Boris Charmatz

"20 danseurs pour le XXe siècle" de Boris Charmatz

© François Guillot/AFP
Pour le public, libre de déambuler au grè de ses envies, dans un rapport de proximité privilégié avec le danseur, c'est une expérience inédite qu'il savoure.

Les styles, les époques et les musiques s'entremêlent

Dans la galerie du glacier, en débardeur fushia, le premier danseur Alessio Carbone interprète William Forsythe, puis Trisha Brown, avec un plaisir évident. "On a élaboré la liste des chorégraphes tous ensemble avec Boris Charmatz", nous raconte-il encore essoufflé, "c'est absolument incroyable de quitter la scène et de danser un peu partout dans l'Opéra".

Tandis que nous conversons, Pierre Retif, quadrille bien charpenté, se lance sur la musique de Berlioz dans un Grand Défilé… mais tout seul ! Comme dans un fondu enchainé, les styles, les époques et les musiques s'entremêlent. En sarouel et pieds nus, la Coryphée Alexandra Cardinale danse "La Bayadère" de Noureev sous les lustres magiques du Grand Foyer. 
  Alexandra Cardinale danse "La Bayadère"

  Alexandra Cardinale danse "La Bayadère"

© François Guillot/AFP
De la musique hip-hop rugit sur la Loggia, le grand balcon qui fait face à l'avenue de l'Opéra, dont on distingue la rumeur en ce début de soirée. Elles sont deux, Marion Gautier de Charnacé et Caroline Osmont, deux quadrilles en short et basket qui enchainent avec une délicieuse virtuosité des anciens comme Nijinski ou Valesca Gert et des styles de danse beaucoup plus contemporains comme le Voguing, ou le Krump venu des ghettos. Au milieu du public intrigué et ravi, Benjamin Millepied, le directeur de la danse, tout sourire prend des photos.
Marion Gauthier de Charnacé danse du hip-hop

Marion Gauthier de Charnacé danse du hip-hop

© François Guillot/AFP
On aura aussi retenu Benjamin Pech dans "Le Spectre de la rose" de Michel Fokine, Juliette Gernez dans une version féminine d'"Un après midi d'un faune" ou encore Pascal Aubin dans "Cabaret".
L'étoile Benjamin Pech

L'étoile Benjamin Pech

© Ann Ray/Opéra national de Paris

La mémoire de la danse

Ce spectacle nomade à plus d'un titre, à déjà beaucoup voyagé, du Museum of Modern Art à New York, à la Tate Modern à Londres. Mais à l'Opéra de Paris, sorte de Musée de la danse, il a un écho tout particulier.
Juliette Gernez dans "Un après-midi d'un faune"

Juliette Gernez dans "Un après-midi d'un faune"

© François Guillot/AFP
C'est comme si toute la mémoire de la danse revenait peupler l'Opéra, grâce au corps même et au bonheur de ses danseurs. On ressort avec une toute autre perception de l'institution et la sensation d'avoir participé à une histoire en train de s'écrire. Bravo !

"20 danseurs du XXe siècle" à l'Opéra Garnier
Du 25 septembre au 11 octobre
Tarif : 15 euros
Réservation : 08 92 89 90 90 


vendredi 25 septembre 2015 - à partir de 18h00 jusqu’à 19h30
samedi 26 septembre 2015 - à partir de 15h00 jusqu’à 18h00
lundi 28 septembre 2015 - à partir de 18h00 jusqu’à 19h30
mercredi 30 septembre 2015 - à partir de 18h00 jusqu’à 19h30
jeudi 1er octobre 2015 - à partir de 18h00 jusqu’à 19h30
vendredi 2 octobre 2015 - à partir de 18h00 jusqu’à 19h30l
lundi 5 octobre 2015 - à partir de 18h00 jusqu’à 19h30
mercredi 7 octobre 2015 - à partir de 18h00 jusqu’à 19h30
vendredi 9 octobre 2015 - à partir de 18h00 jusqu’à 19h30
samedi 10 octobre 2015 - à partir de 15h00 jusqu’à 18h00
dimanche 11 octobre 2015 - à partir de 11h30 jusqu’à 13h30


Il est possible d'enchainer avec le programme Millepied/Robbins/Balanchine à 20h30, Opéra Garnier
Du 25 septembre au 11 octobre 2015
Lire notre article : A Garnier, Millepied ouvre la saison en déclinant son ADN de chorégraphe