Wonder.land au Théâtre du Châtelet : Alice au pays des merveilles version 2.0

Par @Culturebox
Mis à jour le 15/06/2016 à 17H01, publié le 15/06/2016 à 16H36
Pour fuir son morne quotidien, Aly (en bas) devient Alice (en haut), le temps d'un jeu vidéo. 

Pour fuir son morne quotidien, Aly (en bas) devient Alice (en haut), le temps d'un jeu vidéo. 

© Brinkhoff et Mögenburg

Le dernier spectacle de Damon Albarn, joué au théâtre du Châtelet jusqu'au 16 juin, revisite le conte de Lewis Carroll. Plus d'un siècle après Alice aux pays des merveilles, suivons Aly aux pays des pixels.

Le public s'installe au théâtre du Châtelet alors qu'un sourire félin est projeté sur les planches. Une voix s'élève de nulle part, un homme en costume argenté, cheveux roux chatoyants, apostrophe le public: "Téléphoner, tweeter, aller sur Facebook, prendre des photos, faire des selfies, effectuer un voyage interstellaire sont des choses… Fabuleuses !" Wonder.land commence ! 

Dans cette nouvelle adaptation, Aly, adolescente anglaise, accumule les problèmes: parents en plein divorce, nouveaux camarades de classe peu sympathiques… Entre famille déchirée et confiance en soi éraflée, la jeune fille craque. Heureusement qu'un refuge existe: wonder.land, jeu en ligne où chacun peut devenir celui qu'il souhaite. Métisse aux cheveux crépus, Aly devient dans le jeu Alice, blonde platine en robe bleu et talons vertigineux, entre Gwen Stefani et Lady Gaga. A travers cet avatar, l'adolescente entreprend une quête existentielle. Pour mieux se trouver, elle devient une autre.

De l'autre côté de l'écran

Les principaux personnages du conte se retrouvent dans la version pixelisée, du lapin blanc jusqu'à la reine des cœurs, campée par une directrice de collège autoritaire qui couperait la tête des élèves si l'occasion se présentait. Damon Albarn est aux manettes de cette adaptation qui sort en France quasiment en même temps que la suite des aventures d'Alice de Tim Burton. L'auteur compositeur, à qui l'on doit – entre autres – Blur et Gorillaz, n'en est pas à son premier essai: en 2007 il monte Monkey, Journey to the West, opéra pop inspiré d'un conte traditionnel chinois. Moderniser les récits populaires, Damon Albarn sait faire. 

L'esprit du conte originel est conservé mais revisité. En 2016, le chat du Cheshire prend le thé avec Ally et le chapelier fou. 

	 

L'esprit du conte originel est conservé mais revisité. En 2016, le chat du Cheshire prend le thé avec Ally et le chapelier fou.   

© Birkhoff et Mögenburg


Pour cette création, le musicien s'est inspiré de ses propres enfants: "[…] j'ai rencontré Moira Buffini [co-créatrice du spectacle]. En parlant de nos ados respectifs et de leur relation à leur portable, on s'est dit que ce serait une bonne idée de départ pour une adaptation du livre de Lewis Carroll", confie le musicien au Point

Wonder.land explore la grandeur et la décadence du web sans parti pris, évitant ainsi les clichés moralisateurs. Entre comédie musicale et jeu vidéo, le dépaysement numérique est total.