Saint-Céré :"Un train pour Johannesburg", message oublié d’amour et de tolérance

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 16/08/2013 à 12H07
Un train pour Johannesburg © France 3 Culturebox

Créée en 1949 et depuis oubliée, cette tragédie musicale reste brûlante d’actualité. Comment se respecter, s’aimer, se pardonner lorsque tout nous sépare ? La couleur de la peau, le milieu social... Comment surmonter sa peur de l’Autre, pour enfin le rencontrer et lui rendre son humanité. "Un train pour Johannesburg" résonne hélas en 2013 d’une triste tonalité, même en France.

Reportage : Claire Sardain et Jean Luc Pigneux
"Sans nouvelles de son fils depuis des mois, Kumalo, pasteur noir d’une petite ville d’Afrique du Sud, part à sa recherche. Il découvrira que le jeune homme est mêlé au meurtre accidentel d’un avocat blanc. Dans l’espoir de sauver la vie de son fils, Kumalo décide d’aller voir le père de la victime... Cette quête au cœur de deux communautés, qui se côtoient sans vraiment se connaître ni se comprendre, est chargée d’émotion et d’une humanité poignante", peut-on lire dans la présentation du spectacle.

"Un train pour Johannesburg" a été mis en scène par Olivier Desbordes, d’après l’œuvre de Kurt Weil (Broadway 1949), adapté du roman "Pleure, Ô mon pays bien aimé" d’Alan Stewart Paton. Il s'agit de la dernière création du compositeur Juif allemand, qui a été traduite en français et présentée par la Compagnie L'Opéra Eclaté, lors du festival de Saint-Céré, les 7,12 et 14 août 2013.
Olivier Desbordes, metteur en scène de la compagnie L'Opéra Eclaté

Olivier Desbordes, metteur en scène de la compagnie L'Opéra Eclaté

© France 3 Culturebox


Olivier Desbordes explique son choix : "Je désire montrer à travers la mise en scène et les choix dramaturgiques une ségrégation universelle, bien au-delà de l’exemple sud-africain. Il s’agit de mettre en évidence la nécessité d’une attention particulière à toutes les différences pour que chacune d’entre elles ne soit pas la source d’un conflit et d’une incompréhension définitive."

L'acteur principal, Jean-Loup Pagézy, dans le rôle de Kumalo, ajoute : " C'est aussi une question de foi et de justice, ça touche tout le monde."
 

Jean-Loup Pagézy 

Jean-Loup Pagézy 

© France 3 Culturebox


Pour illustrer la diversité de cette humanité à qui s’adresse ce message, sur scène, des comédiens au physique disparate. Même la musique reflète les mélanges, mêlant le jazz et le blues à ses origines africaines à travers les percussions zoulou.
 

des comédiens au physique disparate © France 3 Culturebox


Présenté pour la première fois en France depuis sa création à Broadway en 1949, avec des chants anglais et un texte en français, l’audace d’Olivier Desbordes est saluée par la presse. "Un pur diamant tombé dans les oubliettes de la création, un spectacle très émouvant", pour la "Dépêche du Midi". "Quelle découverte : qualité de la partition, de l’interprétation, de la mise en scène", pour "Opéra Magazine".
 

deux pères unis par une même douleur 

deux pères unis par une même douleur 

© France 3 Culturebox


S’il fallait garder une image, une scène, ce serait celle de la fin du spectacle, quand les deux pères, l'un de l’accusé noir et l'autre de la victime blanche, sont assis sur un banc, l’un à coté de l’autre, regardant dans la même direction…

"Mais quand se lèvera l’aurore de notre libération, celle qui nous délivrera de la peur de l’esclavage et de l’esclavage de la peur ? Cela est un secret."  C’est aussi la question et la conclusion du roman d’Alan Parton.

Après, le festival de Saint-Céré, le spectacle poursuivra sa tournée jusqu’en 2014. 
Opéra de Massy  le 7 Février 2014.