Des scientifiques et des intellectuels demandent l'interdiction des cirques avec animaux à Paris

Par @Culturebox
Mis à jour le 25/08/2016 à 15H00, publié le 25/08/2016 à 14H57
Pelouse de Saint-Cloud, au bois de Boulogne aux portes de Paris, un acrobate du Cirque Grüss réalise un numéro avec un éléphant, en 2003.

Pelouse de Saint-Cloud, au bois de Boulogne aux portes de Paris, un acrobate du Cirque Grüss réalise un numéro avec un éléphant, en 2003.

© MARTIN BUREAU / AFP

Une lettre ouverte, signée de dix universitaires, philosophes, éthologues et scientifiques demande à la maire de Paris Anne Hidalgo de ne plus autoriser la présence dans la capitale de cirques détenant des animaux, dont ils dénoncent les méthodes de captivité et de dressage.

"Nous vous demandons de refuser la présence de cirques détenant des animaux, pour que Paris ne devienne pas une ville figée dans des certitudes d'un autre siècle", expliquent les dix intellectuels dont les philosophes Florence Burgat et Corinne Pelluchon, et les biologistes Matthieu Ricard et Joël Minet, dans cette lettre ouverte publiée mardi 23 août sur le Monde.fr.

Dressages violents

Estimant que l'installation de cirques itinérants détenant des animaux, à Paris, et notamment sur la pelouse de Reuilly "défigurent" "l'une des plus merveilleuses villes au monde", ils affirment que "dans les cirques, les animaux sont détenus en captivité, dressés de façon violente, comme l'attestent d'ailleurs les témoignages de dresseurs repentis".

Rappelant que "la communauté scientifique internationale reconnaît de façon unanime que les animaux sont doués de sensibilité (ce que le code civil a enfin entériné)", ils expliquent que selon des spécialistes du comportement qui ont observé ces animaux de cirque, ceux-ci "se réfugient dans la folie pour échapper à leur quotidien d'esclave".

L'exemple de plusieurs pays européens et de nombreuses villes françaises

Sans vouloir viser "les arts du cirque" qui "constituent un art à part entière et ont toute leur place dans la ville", les auteurs de cette lettre soulignent que plusieurs pays européens (Finlande, Belgique, Autriche, Grande-Bretagne, Danemark...), on déjà légiféré "pour l'interdiction de la présence (totale ou partielle) d'animaux dans les cirques", et que plusieurs villes françaises (Bagnolet, Truchtersheim, Ajaccio, Roncq, Vourles, Oncourt, Montreuil, et Chartres), refusent également les cirques avec animaux.

"Paris, ville avant-gardiste à bien des égards, doit étendre sa compassion aux animaux et ne pas rester sourde à l'évolution des mentalités", insistent  les auteurs, dont fait aussi partie l'écrivain Vincent Message, les éthologues Dalila Bovert et Pierre Jouventin, ou le professeur agrégé de droit privé Jean-Pierre Marguénaud.

Cette lettre ouverte intervient alors que par ailleurs, le monde du cirque contemporain (qui ne fait généralement que très rarement appel à des animaux dans ses spectacles) reçoit depuis quelques mois un franc soutien du ministère de la Culture.