A peine nommé directeur du festival d'Athènes, l'artiste Jan Fabre, critiqué, démissionne

Par @Culturebox
Mis à jour le 03/04/2016 à 10H04, publié le 03/04/2016 à 10H02
Jan Fabre, en Espagne en mars 2016

Jan Fabre, en Espagne en mars 2016

© Julio Muñoz/EFE/Newscom/MaxPPP

L'artiste belge Jan Fabre, à peine nommé directeur artistique du festival d'Athènes et d'Epidaure, a annoncé samedi sa démission après avoir été accusé d'une programmation pas assez "grecque", a annoncé "à grand regret" le ministère grec de la Culture.

"Je démissionne (...) du poste de directeur artistique du Festival grec", écrit le chorégraphe et metteur en scène belge dans une lettre rendue publique par le ministère. "J'avais accepté la proposition du ministère de la Culture de faire des choix artistiques en toute liberté. Cela ne semble plus possible en Grèce. Je ne veux pas travailler dans un environnement artistique hostile, vers lequel j'étais venu le coeur et l'esprit ouverts", écrit-il avant de souhaiter "bonne chance" aux artistes grecs qui reprendront le flambeau.

Jean Fabre avait été nommé pour quatre ans en février par le gouvernement de gauche d'Alexis Tsipras, en remplacement de l'ancien directeur Georges Loukos, nommé en 2006 par un gouvernement conservateur. M. Loukos avait été remercié en décembre 2015 après avoir été inculpé à la suite de pertes de 2,7 millions d'euros, supportées par l'Etat grec.

Jan Fabre, généralement crédité par ses admirateurs d'un renouvellement radical de la scène, et régulièrement accusé par ses détracteurs de provocation gratuite. Fin janvier 2016, son spectacle de 24 heures "Mount Olympus", retransmis (et disponible) sur Culturebox, a fait sensation.

L'artiste venait de dévoiler quelques points forts du festival de cette année, et notamment une mise à l'honneur d'artistes belges. Cette décision a provoqué une levée de boucliers en Grèce, chez les artistes, dans la presse et parmi les partis d'opposition. Le ministre grec de la Culture, Aristidis Baltas, n'a pas caché son amertume samedi, rappelant que M. Fabre était venu pour apporter son aide à une Grèce en crise, limitant ses émoluments pour s'occuper du festival et y présenter les productions de sa troupe à 20.000 euros par an. M. Baltas estime que l'artiste a été victime "d'une attaque coordonnée des partis politiques, des médias et d'une partie du monde artistique", ces derniers "qualifiant d'anti-grec un programme structuré sur quatre ans, qui visait non seulement à étendre le caractère international du Festival mais aussi à rendre internationales les créations grecques". "Ils ont déclaré persona non grata un créateur internationalement acclamé et ont totalement dédaigné son travail artistique, humiliant tout sens de la liberté artistique", poursuit le ministre, avant de promettre des mesures "en vue du meilleur fonctionnement possible" du festival, malgré les circonstances.

Le Festival International d'Athènes et d'Epidaure, doit avoir lieu de juin à mi-août 2016, principalement dans le théâtre antique d'Epidaure.