4000 euros d'amende requis contre Dieudonné pour injure contre Manuel Valls

Par @Culturebox
Mis à jour le 03/02/2015 à 16H17, publié le 03/02/2015 à 16H16
Manuel Valls et Dieudonné, janvier 2014 © GEORGES GOBET, FRANCOIS GUILLOT / AFP

Une amende de 4.000 euros a été requise mardi 3 février à l'encontre du polémiste Dieudonné, poursuivi pour injure pour avoir notamment qualifié dans une vidéo fin août 2013 Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, de "Mussolini moitié trisomique".

L'humoriste controversé, condamné à plusieurs reprises pour des provocations antisémites, avait notamment qualifié Manuel Valls de "brèle", "de petit soldat israélien veule et docile". Le Premier ministre a demandé un eur  de dommages et intérêts, son avocat, Me Richard Malka faisant valoir que "bien au-delà de lui-même, c'est de la dignité du débat démocratique dont il est question". Pour l'avocat, il ne s'agit pas dans ces propos "d'humour" mais de "règlement de comptes", "on ne considèrera jamais que la haine, c'est uneopinion admissible en démocratie".

Jugement le 24 mars

L'avocat de Dieudonné, Sanjay Mirabeau, a quant à lui estimé le découpage des propos de "malhonnête" et souligné qu'ils s'inscrivaient dans un "antagonisme entre un membre du gouvernement et un particulier". Plaidant la relaxe, il a en outre demandé au tribunal de condamner le  Premier ministre à 15.000 euros de dommages et intérêts pour procédure abusive. Le jugement a été mis en délibéré au 24 mars.

S'il n'était pas présent mardi devant le tribunal correctionnel, Dieudonné devrait l'être mercredi 4 février, pour être jugé pour apologie du terrorisme après avoir écrit sur Facebook qu'il se sentait "Charlie Coulibaly", en référence à l'un des auteurs des attentats meurtriers de Paris. Le 28 janvier, il a comparu pour provocation à la haine raciale notamment en raison de propos visant le journaliste Patrick Cohen, qui avaient déclenché le processus d'interdiction de son spectacle il y a un an.
Le parquet a requis 300 jours amende à 100 euros, soit au total 30.000 euros. Une peine de jours amende, si le tribunal correctionnel de Paris suivait ces réquisitions, implique que le condamné voit sa peine transformée en emprisonnement s'il ne s'acquitte pas de la totalité de l'amende. Dans ce  dossier, le tribunal rendra sa décision le19 mars.