La vente aux enchères d'appliques de Le Corbusier à Paris annulée par la ville de Firminy

Par @Culturebox
Mis à jour le 30/05/2017 à 09H54, publié le 29/05/2017 à 09H00
Vente par l'office HLM de Firminy des appliques dans l'immeuble Le Corbusier, avril 2017

Vente par l'office HLM de Firminy des appliques dans l'immeuble Le Corbusier, avril 2017

© PHOTOPQR/LE PROGRES/MAXPPP

La vente des appliques conçues par l'architecte Le Corbusier prévue aujourd'hui à Paris a finalement été annulée. Devant l'opposition des habitants de la ville de Firminy (Loire), où se trouve l'édifice dont sont issues les appliques, le maire de la commune a pris la décision d'annuler la vente.

Exposées depuis vendredi à Paris, 147 appliques en métal cintré, de couleur grise (dont 57 sont à restaurer), devaient être dispersées par la Maison Artcurial, à l'unité, par lot de 2, 5, 8 ou 10. Cet ensemble de 28 lots est estimé à 150.000 euros. Devant la protestation des habitants et de diverses associations, notamment la Fondation Le Corbusier, la vente a été annulée.
 
Selon le directeur de l'Office public de l'habitat de Firminy François Perrier, le fruit de leur vente, provenant du retrait des portes palières de l'unité d'habitation Le Corbusier, aurait servi à "financer des travaux de mise en conformité du bâtiment avec les normes incendie, notamment l'asservissement électrique des portes coupe-feu et des flashs lumineux pour les malentendants".

Demande de protection en urgence

Mais deux associations de résidents, soutenues par la Fondation Le Corbusier, évoquent un "dépeçage cupide et stupide en cours du patrimoine de l'oeuvre de Le Corbusier à Firminy" et réclament une demande de "protection en urgence".

Dans un courrier adressé à la ministre de la Culture, l'association des Habitants de l'unité d'habitation Le Corbusier de Firminy et l'association Le Modul'or lui demandent d'"engager une procédure de classement "au titre des monuments historiques". Dans un courrier de protestation, transmis au maire de Firminy et au ministère de la Culture, le président de la Fondation Le Corbusier Antoine Picon, évoque quant à lui le "caractère tout à fait inopportun de cette vente" alors que la ville, "qui se revendique comme le plus grand site Le Corbusier en Europe", est propriétaire d'un bâtiment inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l'Unesco, depuis juillet 2016.

"Après l'escamotage des cuisines et des escaliers de Marseille, après le pillage du mobilier de Chandigarh (Inde), il est extrêmement regrettable de voir Firminy traiter avec mépris une part non-négligeable de son patrimoine", écrit-il. 

De son côté, le directeur du département Design d'Arcurial évoque une "réaction complètement irrationnelle" des association d'habitants et de la Fondation Le Corbusier. "C'est moi qui les ai trouvées. Elles étaient à l'abandon depuis plus de dix ans, pour partie en mauvais état, et n'intéressaient personne. Maintenant que la Maison de la culture de Firminy est classée par l'Unesco, elles deviennent un enjeu majeur du patrimoine", ironise-t-il.