Une exposition sur la correspondance familiale de De Gaulle en 14-18

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 24/11/2014 à 14H08
Le lieutenant De Gaulle, qui vient d'être décoré pendant la première guerre mondiale.

Le lieutenant De Gaulle, qui vient d'être décoré pendant la première guerre mondiale.

© Collection Roger-Viollet / Roger-Viollet

Les épreuves formatrices traversées par le fondateur de la Ve République et ses proches durant la Grande Guerre sont mises en lumière par l'exposition centrée sur la correspondance familiale, présentée dans la maison natale de Charles de Gaulle à Lille.

Pendant les longues années de guerre, durant lesquelles le Nord subira une dure occupation, et qui verront Charles de Gaulle être plusieurs fois blessé et fait prisonnier en 1916, la correspondance familiale de ce dernier sera intense. En effet, les cousins Maillot, de Corbie et de Gaulle n'ont cessé de s'écrire et ces échanges éclairent, par-delà les liens du sang, une communauté de valeurs.
Exposition "De Gaulle, de Corbie, Maillot : une famille au coeur de la guerre 1914-1918", Maison natale de Charles de Gaulle à Lille. Jusqu'au 4 octobre 2015.

Exposition "De Gaulle, de Corbie, Maillot : une famille au coeur de la guerre 1914-1918", Maison natale de Charles de Gaulle à Lille. Jusqu'au 4 octobre 2015.

© Maison natale Charles de Gaulle
Correspondance inédite de Jacques De Gaulle, le frère de Charles

D'où le titre de l'exposition "de Gaulle, de Corbie, Maillot : une famille au coeur de la guerre 1914-1918". "On a décidé de proposer cette exposition en raison du centenaire du premier conflit mondial mais aussi parce qu'on a eu accès à la correspondance inédite de Jacques de Gaulle, frère de Charles", explique Aymeric Spriet, directeur de la maison musée.

Ainsi, Bernard de Gaulle, fils de Jacques et qui est toujours vivant, a transmis environ 200 lettres écrites lors de la "Der des Der" par son père, où l'on perçoit "l'importance des valeurs du patriotisme, de la famille et de la religion dans la famille de Gaulle", note Aymeric Spriet.

Le lieutenant Charles de Gaulle, qui sera fait capitaine en 1915, montre dans une lettre d'août 1914 son impatience d'en découdre avec les Allemands.  "La danse commence, l'ennemi bombarde Dinant avec fureur. (...) Quelle impression sur moi ? Deux secondes d'émotion physique : gorge serrée. Et puis c'est tout. Je dois même dire qu'une grosse satisfaction s'empare de moi. Enfin ! On va les voir ?".

En 1917, on perçoit toute la détresse du de Gaulle captif des Allemands dans cette lettre envoyée à ses parents, de son écriture fine et penchée. "Etre inutile aussi totalement qu'irrémédiablement que je le suis dans les heures que nous traversons quand on est de toutes pièces construit pour agir, et de l'être par surcroît dans la situation où je me trouve et qui pour un homme et un soldat, est la plus cruelle qu'on puisse imaginer !".

Décoré par Pétain en 1919

L'exposition montre également un document étonnant avec la lettre de nomination au grade de chevalier de la Légion d'honneur de Charles de Gaulle, signée par Philippe Pétain en 1919. Vingt-et-un ans plus tard, il s'opposera à l'armistice signé par le maréchal avec l'ennemi allemand.
 
Mais cette décoration a un goût amer pour le militaire qu'il est, lui qui n'a pu participer pleinement aux combats après sa capture à Verdun. "Je ne saurais dissimuler ni aux autres ni à moi-même que cette situation dépasse de beaucoup les faits. Ce n'est point pour eux-mêmes que j'accueille avec bonheur la distinction qui m'est conférée (...)", écrit-il à son père.

Classée monument historique en 1990, la maison natale de Charles de Gaulle, qui date du XVIIIe siècle, a été inaugurée en novembre 2005, avec une fréquentation annuelle d'environ 11.000 visiteurs. L'exposition est ouverte au public jusqu'au 4 octobre 2015.