Une découverte archéologique à Okinawa retarde un projet de base américaine

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 06/11/2015 à 12H19
Les côtes de Nago, au large d'Okinawa, où devait s'installer la base américaine, le 29 octobre 2015.

Les côtes de Nago, au large d'Okinawa, où devait s'installer la base américaine, le 29 octobre 2015.

© Masanori Inagaki / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun

La découverte de morceaux de poteries anciennes et d'autres objets à valeur historique pourrait retarder encore la mise en chantier du site d'accueil d'une base américaine à Okinawa, sujet d'un différend entre Tokyo et cette région du sud du Japon.

Les Etats-Unis et le Japon tentent depuis une vingtaine d'années de parvenir à bout d'un projet de déplacement d'une base aérienne des Marines américains d'une ville densément peuplée de la partie centrale de l'île d'Okinawa vers un site isolé de la côte nord.

Fardeau trop lourd

Le projet s'est heurté à une vive résistance à Okinawa, site d'une bataille sanglante pendant la Seconde guerre mondiale. Les élus et habitants estiment que l'île, qui compte pour moins de 1% du territoire du Japon, porte un fardeau trop lourd avec 75% des installations militaires de l'allié américain dans  l'archipel nippon.

Un responsable officiel de la ville de Nago, où la nouvelle base est en construction, a précisé à l'AFP que plusieurs fragments de pots en argile ainsi qu'une pierre utilisée dans l'ancre d'un bateau datant de plusieurs centaines d'années avaient été trouvés. "Nous nous préparons à demander l'autorisation du gouvernement d'Okinawa" de déclarer la zone "site archéologique", a précisé ce responsable.

Recherches avancées

La pièce d'ancre, trouvée au large en février, a déjà été enregistrée comme bien culturel, a-t-il indiqué. Cette découverte a conduit à des recherches plus minutieuses au cours desquelles d'autres objets ont été trouvés. Si le site est déclaré d'importance archéologique, le ministère japonais de la Défense devra prendre des mesures telles que la conduite de recherches supplémentaires, qui pourraient retarder le projet, a souligné le fonctionnaire.

Les responsables du camp de Marines Schwab à Okinawa n'avaient pu être contactés ce vendredi 6 novembre pour s'exprimer sur le sujet. Ce nouveau rebondissement intervient alors que le gouvernement japonais a rendu fin octobre nulle et non avenue la révocation par le gouverneur d'Okinawa de l'autorisation de mise en chantier. Ce dernier, Takeshi Onaga, avait révoqué le même mois le permis accordé par son prédécesseur pour réaliser les remblais nécessaires.