Une "Charte du peuple kanak" proclamée en Nouvelle-Calédonie

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 26/04/2014 à 16H26
Nouméa, en Nouvelle Calédonie, samedi 26 avril.

Nouméa, en Nouvelle Calédonie, samedi 26 avril.

© FRED PAYET / AFP

Quand la culture veut servir de base à la politique. En Nouvelle Calédonie, les autorités traditionnelles kanak ont proclamé samedi à Nouméa une Charte du peuple kanak, rassemblant les valeurs et les principes fondamentaux de sa culture dans le cadre de la décolonisation de l'archipel.

Environ un millier de personnes étaient rassemblées pour cette cérémonie, au cours de laquelle les chefs des huit aires coutumières ont noué des tissus autour d'une sculpture kanak pour symboliser leurs liens.

Vademecum de la coutume kanak

"Cette charte inscrit la culture kanak dans la modernité et prouve que le peuple kanak a su préserver sa vision philosophique malgré 160 ans de colonisation", a déclaré Luc Wema, ancien président du sénat coutumier.

Sorte de vademecum de la coutume kanak, ce document d'une trentaine de pages explique les principes du lien à la terre, du pardon coutumier ou du rôle central de l'igname, tubercule tropical. Il développe aussi les valeurs fondatrices d'hospitalité, de solidarité et de partage .

Une démarche unique en son genre

A l'initiative du sénat coutumier, un long travail de collecte et de réflexion a été mené auprès des chefferies avant une phase de rédaction d'une année, effectuée avec l'aide de juristes. "C'est une démarche unique au monde d'un peuple autochtone, qui ouvre la voie à l'innovation juridique", a déclaré François Féral, professeur de droit à l'université de Perpignan. Samedi, les chefs kanak ont expliqué que cette charte constituait "la  contribution du peuple autochtone à la construction d'un nouveau projet de société, au terme du processus de l'accord de Nouméa".

"Nous souhaitons que cette charte soit prise en compte dans le cadre d'une constitution future pour le pays", a déclaré Paul Vakié, président du sénat  coutumier. La publication de ce texte intervient alors que le 11 mai auront lieu des  élections provinciales, qui ouvriront le dernier mandat de l'accord de Nouméa  (2014-2018), au cours duquel un référendum d'autodétermination doit être  organisé.