Un hommage aux soldats ultramarins à Paris

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 27/11/2011 à 10H11
Des tirailleurs sénégalais

Des tirailleurs sénégalais

© Musée Ordre et Libération

Le mémorial du général Leclerc à Paris consacre une exposition à l’Outre-mer dans la Seconde guerre mondiale. Intitulée "L’Outre-mer français dans la guerre 39-45", elle fait la part belle au quotidien des engagés ultramarins.

Ils furent près de 10% des effectifs de l’armée française, mais leur apport est souvent amoindri, leur rôle minimisé. Pourtant, les anciennes colonies de l’empire français ont pris une part active dans la Seconde guerre mondiale. Qu’ils soient Nord-africains, Antillais, Polynésiens ou même Saint-Pierrais et Miquelonnais, tous se sont engagés, que ce soit au côté de la France libre du général De Gaulle ou même en soutien du régime de Vichy. Le Musée du Général Leclerc de Hauteclocque - Musée Jean Moulin leur rend hommage lors d’une exposition intitulée "L’Outre-mer français dans la guerre 39-45".

Les commissaires d’exposition auraient souhaité un plus grand espace pour retracer encore plus largement l’apport des colonies françaises dans le conflit. Il a donc fallu aller à l’essentiel, en essayant de garder une ligne de conduite et un équilibre. Le parcours se fait de manière chronologique, de la mobilisation de l’Outre-mer à la fin 1939 par un effort de guerre économique à l’issue de la guerre et l’amorce de la décolonisation. Des photos de soldats ultramarins, des objets de leur quotidien ainsi que des petits journaux d’époque, donnent une dimension humaine à l’exposition et les Félix Eboué, grande figure africaine et symbole de l’engagement des colonies, est à l’honneur.

"Nous voulions donner une dimension humaine à cette exposition, montrer la très grande diversité avec des portraits d’hommes et de femmes, la pluralité de cet empire. Dans les témoignages et les photos, nous avons cherché la diversité pour donner du corps et du sang à ces combattants. Nous avons cherché à les sortir de leur anonymat", explique Colette Dubois, historienne et commissaire de l’exposition avant d’ajouter : "Dans l’Outre-mer et sa très grande diversité, nous ne voulions pas oublier les petits territoires (SPM, les comptoirs des Indes, les Antilles, la Réunion, etc.). C’était notre second souci, que chaque territoire soit représenté dans cet espace."

Le rôle primordial des femmes

Si l’exposition existe, elle ne le doit pas à l’année des Outre-mer décrétée par le président de la République. "Notre projet a été lancé en 2006. Le hasard des calendriers politiques a coïncidé avec la mise en place de notre exposition cinq ans plus tard", glisse Colette Dubois. "Notre réflexion est née lors de la sortie du film "Indigènes", sur le rôle des soldats ultramarins pendant la seconde guerre mondiale et les mobilisations économiques." Deux années ont été nécessaires pour collecter les documents, négocier avec les prêteurs. Il a ensuite fallu un an pour faire une sélection cohérente. Au milieu de ses soldats, l’exposition a également voulu mettre l’accent sur le rôle des femmes qui ont été partie prenante dans la guerre, comme soldates, infirmières ou dans un rôle économique de l’ombre.

Il résulte de cette volonté d’historien une exposition touchante du quotidien de ses soldats comme les autres qui ont apporté leur pierre à la défense d’un même pays. "C’est un devoir de mémoire que j’apprécie, même si c’est 65 ans après," explique Rémi Oliny, un ancien résistant-dissident martiniquais présent.S’il a un reproche à faire, c’est de ne pas trouver trace des survivants du conflit : "Il manque la parole de ceux qui l’ont vécue", martèle-t-il.

L’Outre-mer français dans la guerre 39-45 - du 4 novembre 2011 au 24 juin 2012
23 allée de la 2e DB – Jardin Atlantique 75015 Paris
De nombreuses conférences et tables rondes sont organisées jusqu’en juin.