Trésor Gurlitt : une cousine réclame l'héritage du collectionneur

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 21/11/2014 à 19H37
Cornelius Gurlitt devant sa voiture le 17 novembre 2013 à Munich

Cornelius Gurlitt devant sa voiture le 17 novembre 2013 à Munich

© Babirad / Sipa

Une cousine de l'Allemand Cornelius Gurlitt, chez lequel quelque 1.280 oeuvres d'art avaient été retrouvées en 2012, certaines ayant volées à des Juifs par les nazis, réclame en justice l'héritage que l'octogénaire a légué à un musée de Berne.

Uta Werner, 86 ans, a décidé "aujourd'hui" de faire valoir "ses droits sur l'héritage du collectionneur d'art Cornelius Gurlitt devant le tribunal des successions de Munich", affirme dans un communiqué l'agence de communication qu'elle a mandatée.

La cousine évoque un rapport psychiatrique
La cousine du collectionneur disparu estime que le rapport d'un expert psychiatre, mandaté par elle-même et sa famille et rendu public cette semaine, est susceptible de remettre en cause la validité du testament au profit du musée de Berne car, au moment de sa rédaction, Cornelius Gurlitt aurait souffert "d'obsessions paranoïaques".

Il existe donc, selon elle, un risque juridique qu'elle prétend souhaiter lever grâce à la procédure qu'elle engage. Par ailleurs, la famille s'engage, en cas de succès de sa démarche, à la "restitution sans conditions" aux ayants droit des oeuvres dont il serait démontré qu'elles sont issues de spoliations.

Un trésor découvert en 2012
En 2012, un fabuleux trésor artistique comprenant des centaines d'oeuvres, dont des Chagall, Matisse, Picasso ou Dix, parfois inconnues, avait été retrouvé dans l'appartement de ce solitaire, fils d'un marchand d'art controversé sous le IIIe Reich. Des dizaines de pièces avaient été ensuite retrouvées dans un résidence de Cornelius Gurlitt en Autriche.

La collection léguée à un musée de Berne
Le collectionneur s'est étein le 6 mai, à 81 ans, un mois à peine après avoir passé un accord avec l'État allemand prévoyant la restitution des oeuvres d'art retrouvées chez lui dont il serait démontré qu'elles proviennent de spoliations. Dans son testament, le vieillard avait en outre décidé de confier sa collection au Musée des Beaux-Arts de Berne.

Une conférence de presse prévue lundi
Lundi 24 novembre, le président du musée, Christoph Schäublin, la ministre allemande de la Culture, Monika Grütters, et le ministre bavarois de la Justice, Winfried Bausback, doivent tenir une conférence de presse à Berlin pour annoncer ce que va devenir la collection.

Un groupe de travail, une "taskforce" d'experts nationaux et internationaux, travaille actuellement à inventorier les oeuvres et à déterminer qui étaient leurs propriétaires à l'origine. Selon des chiffres provisoires donnés par la "taskforce" au printemps, on ne peut pas exclure que 458 oeuvres aient été volées ou extorquées à des Juifs. Et environ 380 autres auraient été saisies dans les musées allemands comme faisant partie de ce que les nazis classaient dans la catégorie "Art dégénéré".

Début novembre, le président du Congrès juif mondial, Ronald Lauder, a mis en garde le Musée des Beaux-Arts de Berne contre "une avalanche de procès" si l'institution acceptait cet héritage.