Syrie: un riche patrimoine en danger

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 06/04/2012 à 12H32
La cité antique de Palmyre, en Syrie

La cité antique de Palmyre, en Syrie

© Tibor Bognar / PHOTONONSTOP / AFP

Les violences qui secouent la Syrie depuis plus d’un an mettent en péril son très important patrimoine archéologique et historique, un des plus riches du Proche-Orient : pillages et destructions menacent notamment la cité antique de Palmyre et les ruines gréco-romaines d’Apamée, selon les spécialistes

Les zones les plus exposées sont celles qui échappent au contrôle du régime de Bachar al-Asad, où des pilleurs visent les musées, monuments et chantiers de fouilles, alertent-ils.

"Depuis trois ou quatre mois, les pillages se sont multipliés. Nous avons reçu une vidéo qui montre des gens arrachant des mosaïques au marteau-piqueur à  Apamée. Et à Palmyre, il y a de nombreuses fouilles clandestines", affirme la directrice des musées en Syrie, Hiba al-Sakhel.

Des militants syriens affirment par ailleurs, vidéos à l’appui, que plusieurs sites, notamment Qalaat al-Madiq, qui abrite une citadelle médiévale, et le site d’Apamée, ont été bombardés par l’armée qui tente de reprendre des bastions rebelles.

La vieille ville d'Alep et sa citadelle, patrimoine mondial de l'Unesco

La vieille ville d'Alep et sa citadelle, patrimoine mondial de l'Unesco

© Jean-Baptiste Rabouan / Hemis.fr / AFP

Les pillages se multiplient
Les pillages, qui existaient déjà, sont plus nombreux, depuis un an. "Les archéologues n'ont pas encore exploré toute la Syrie, donc où que l'on  fouille, on peut faire des découvertes", dit Hiba al-Sakhel.

Les pièces volées, qui transitent par le Liban et d'autres pays voisins,  sont ensuite vendues au marché noir.

Selon les experts, des pièces du musée de Hama (centre) ont déjà été volées, notamment des armes antiques et une statue datant de l'ère araméenne. Plus au nord, la citadelle de Shaizar, qui surplombe le fleuve Oronte, a  été endommagée, tandis que sur le site d'Apamée, une statue romaine en marbre a été dérobée, selon les experts.

Egalement pillée, la cité antique d'Ebla, dans la province d'Idleb  (nord-ouest), a été ravagée par les combats entre armée et rebelles.

Mosaïque du monastère orthodoxe de Saidnaya (sud-ouest de la Syrie), fondé au VIe siècle

Mosaïque du monastère orthodoxe de Saidnaya (sud-ouest de la Syrie), fondé au VIe siècle

© Frédéric Soreau / Photononstop / AFP

Au château fort du Krak des Chevaliers, joyau de l'époque des Croisades et  haut lieu touristique, les gardiens du site ont été empêchés d'entrer par des  hommes armés qui occupent les lieux, affirme Hiba al-Sakhel.

L'Unesco, qui a classé six sites syriens, tire la sonnette d'alarme
Pour Michel al-Maqdissi, directeur général des antiquités et des musées de Syrie, la zone la plus en danger est la région du massif calcaire, célèbre pour ses villes mortes proches de la Turquie.

Fin mars, l'Unesco avait demandé aux "parties impliquées dans le conflit"  en Syrie d'"assurer la protection de son héritage culturel exceptionnel",  tandis que l'opposition syrienne tirait également la sonnette d'alarme,  affirmant que les attaques de l'armée mettaient en péril des sites historiques.

Damas est une des plus vieilles villes du monde et six sites syriens sont inscrits au patrimoine de l’humanité de l’Unesco (les anciennes villes d’Alep et Bosra, Palmyre, deux forteresses, le Krak des chevaliers et Qalaat Salah el-Dine, et les villages antiques du Nord)