Syrie : six sites sur la liste du patrimoine en péril de l'Unesco

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 20/06/2013 à 10H03
Une partie brûlée de la mosquée des Omeyyades, dans la vieille cité d'Alep, et au fond, un rebelle marchant parmi les cendres, le 14 octobre 2012. Quelques heures plus tard, l'armée syrienne reprenait le contrôle du site.

Une partie brûlée de la mosquée des Omeyyades, dans la vieille cité d'Alep, et au fond, un rebelle marchant parmi les cendres, le 14 octobre 2012. Quelques heures plus tard, l'armée syrienne reprenait le contrôle du site.

© Tauseef Mustafa / AFP

L'Unesco a inscrit jeudi sur la liste du patrimoine mondial en danger six sites historiques syriens menacés par les combats, en particulier la vieille ville d'Alep qui a subi des dommages considérables depuis le début de la révolte contre le régime en mars 2011.

La Syrie compte six sites classés au patrimoine mondial : les anciennes ville de Damas, Bosra et Alep, l'oasis de Palmyre, le Krac des Chevaliers et Qal'at Salah El-Din, ainsi que des villages antiques du Nord de la Syrie. Le Comité du patrimoine mondial de l'Unesco, réuni en session annuelle à Phnom Penh, a placé jeudi les six sur sa liste de sites en danger.

Dans des documents préparatoires à cette réunion, l'Unesco avait noté que les informations sur les destructions étaient "partielles" et provenaient de sources pas toujours vérifiables, comme les réseaux sociaux, ainsi que d'un rapport des autorités syriennes qui "ne reflète pas nécessairement la situation réelle dans son ensemble".

Malgré tout, "en raison de la situation de conflit armé, les conditions ne sont plus réunies pour assurer la conservation et la protection de la valeur universelle exceptionnelle des six biens" en question, avait souligné l'organisation. "Alep, en particulier, a subi des dommages considérables", avait-elle estimé.

Le minaret des Omeyyades et le souk d'Alep parmi les trésors touchés par la guerre
En avril, le minaret de la mosquée des Omeyyades, joyau historique de cette métropole du nord de la Syrie autour de laquelle se sont déroulés de violents combats pendant des mois, s'était effondré. La mosquée, construite au VIIIe siècle et rebâtie au XIIIe siècle, avait déjà subi d'importants dommages à l'automne 2012.

En septembre 2012, le souk d'Alep, avec ses boutiques parfois centenaires aux portes de bois, avait été partiellement détruit par les flammes. La citadelle a également été endommagée. Des fouilles clandestines ont aussi été rapportées sur plusieurs sites.

Depuis le début des combats, l'Unesco a plusieurs fois appelé les belligérants à épargner le patrimoine culturel du pays et a alerté la communauté internationale sur le risque de trafic d'objets culturels.

Le conflit a tué 93.000 personnes dont 6.500 enfants, selon l'Onu
Plus de 93.000 personnes, dont au moins 6.500 enfants, ont été tuées depuis le début de la guerre civile en Syrie en mars 2011, avait annoncé l'Onu la semaine dernière dans un rapport soulignant une forte augmentation du nombre de morts chaque mois.

Les autres décisions prises par l'Unesco
Par ailleurs, le Comité du patrimoine mondial, réuni depuis dimanche, a également placé sur la liste du patrimoine en danger Rennel Est, île de l'archipel des Salomon et plus grand atoll corallien surélevé du monde, menacé par l'exploitation forestière. Il a en revanche retiré de cette liste la citadelle iranienne de Bam, très endommagée par un séisme dévastateur en 2003, estimant que le site était désormais sain.

Le Comité doit examiner dans les prochains jours l'inscription de 31 nouveaux sites naturels et culturels au patrimoine mondial qui compte déjà 962 noms dans 157 pays. Parmi les candidats cette année figurent le Mont Fuji (Japon), la ville d'Agadez (Niger), les villas Médicis et le Mont Etna (Italie), ou encore le désert du Namib en Namibie et la station baleinière canadienne de Red Bay où opéraient les marins basques au XVIe siècle.