Syrie : la quasi-totalité de la cité antique de Palmyre contrôlée par l'EI

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 21/05/2015 à 09H22
La cité antique de Palmyre en Syrie le 18 mai, le lendemain de l'attaque de l'EI.

La cité antique de Palmyre en Syrie le 18 mai, le lendemain de l'attaque de l'EI.

© STR / AFP

Les jihadistes du groupe extrémiste sunnite Etat islamique contrôlent depuis le 20 mai au soir la quasi-totalité de la cité antique de Palmyre, après un "retrait massif" des forces gouvernementales des différents secteurs de cette ville du centre de la Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

Le groupe "Etat islamique (EI) contrôle la quasi-totalité de Palmyre", a déclaré le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) Rami Abdel Rahmane, faisant état d'un "retrait massif des forces du régime de tous les secteurs".  Il a cependant précisé que les jihadistes n'étaient pas entrés dans la prison (est) et le siège des Renseignements militaires (ouest) où se trouvent un grand nombre de soldats.Et il a indiqué ne pas avoir été informé pour le moment de destructions du type de celles auxquelles se sont livrés les intégristes dans plusieurs cités antiques irakiennes.

Des centaines de statues ont déjà été mises à l’abri, selon Maamoun Abdoulkarim, chef du service des antiquités syriennes, qui avait lancé un appel à la préservation de la cité. « Nos craintes concernent désormais le musée et les grands monuments qui ne peuvent être déplacés », a-t-il déclaré à Reuters.

Reportage : M. de Chalvron, J.Bony, F.Genauzeau, S.Guillemot, M.Cazaux, Y.Kadouch


Situation militaire

Palmyre revêt une importance stratégique pour l'EI car elle ouvre sur le grand désert syrien, limitrophe de la province d'Al-Anbar en Irak, que le groupe contrôle déjà en grande partie. 
 
Selon le directeur de l'OSDH, "un grand nombre de soldats se sont repliés vers le sud de la ville et de "nombreux habitants fuyaient vers la ville de Homs ou vers Damas". Un militant originiaire de Palmyre, Mohamed Hassan al Homsi, a indiqué à l'AFP via internet qu"un grand nombre de forces du régime ont été vus en train de se rassembler près de la section des renseignements militaire et se retirer". Il a aussi fait état de raids de l'armée de l'air sur Palmyre ville, après la chute de la majeure partie de la ville. Les jihadistes du groupe EI s'étaient emparé dans l'après-midi du tiers nord de Palmyre. 


Drame humain et menace pour le patrimoine culturel 

L'Unesco a tiré la sonnette d'alarme dès le début de l'offensive jihadiste sur Palmyre. "Palmyre est le site d'un extraordinaire héritage mondial dans le désert, et toute destruction à Palmyre serait non seulement un crime de guerre, mais aussi une énorme perte pour l'humanité", a souligné ce jeudi 21 mai la directrice générale de l'Unesco Irina Bokova, qui a réitéré son appel au Conseil de sécurité de l'ONU à se saisir du sujet. "Nous avons besoin que le Conseil de sécurité, que tous les leaders politiques, que les chefs religieux lancent un appel pour prévenir ces destructions", a-t-elle ajouté.

"En fin de compte, c'est le berceau de la civilisation humaine" qui "appartient à l'humanité toute entière", a souligné la directrice de l'Unesco. "Ce que Palmyre nous dit, c'est que toutes les cultures s'influencent les unes les autres, toutes les cultures s'enrichissent mutuellement".

La cité, vieille de plus de 2.000 ans, abrite les ruines monumentales d'une grande ville qui fut l'un des plus importants foyers culturels du monde antique. Son architecture unit aux Ier et IIe siècles les techniques gréco-romaines aux traditions locales et aux influences de la Perse.