Sur les traces du peintre Camille Godet à Rennes

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 09/08/2012 à 15H33
Une fresque de l'opéra de Rennes sans doute signée Camille Godet

Une fresque de l'opéra de Rennes sans doute signée Camille Godet

© France3culturebox

Qui a donc réalisé la frise qui orne les murs d'un salon de l'opéra de Rennes ? Le mystère demeure. Pour l'historienne de l'art Denise Delouche, pas de doute : elle est signée du peintre rennais Camille Godet, connu pour ses fresques sur la guerre de 1914-18. Pour conforter cette thèse, elle met en avant les similitudes avec l'immense fresque de Godet ornant le panthéon de l'Hôtel de Ville de Rennes.


Reportage E. Pinault, J. Michel Piron, V. Surrault

Artiste emblématique des années 1920-30 en Bretagne, Camille Godet (1879-1966) est connu pour être un "peintre du souvenir", qui a immortalisé la Grande Guerre.

Entré à l'école des Beaux-Arts de Rennes dès l'âge de 14 ans, en 1893, il y enseignera toute sa vie, notamment le dessin d'ornement et la composition décorative.  Lorsque la guerre éclate en 1914, il s'engage et reste au front jusqu'à la fin du conflit. Durant cette période, il effectue des croquis de guerre qui serviront à illustrer ses futures fresques. 

En 1918, la mairie de Rennes décide de créer un panthéon local où figurent les noms des Rennais morts pour la France durant la guerre. Camille Godet est chargé de concevoir la décoration ; il se sert alors de ses croquis de guerre et réalise une frise de 26 mètres de pourtour sur 1,60 m de haut représentant tous les corps d'armée. Ce panthéon est inauguré en 1922.

Les fresques oubliées
Camille Godet a-t-il réalisé la frise de l'opéra avant celle du panthéon ? Le mystère reste entier.

En 1919, la Ville entreprend de construire une nouvelle salle à la Maison du Peuple. Elle en confie une nouvelle fois la décoration à Camille Godet qui peint cette fois des scènes représentant des ouvriers. En 1960, la salle en question est transformée en cinéma et les fresques sont alors cachées par des tentures. Ce n'est que 34 ans plus tard, en 1994, qu'on redécouvre ces peintures et que la Ville décide de les restaurer, comme en atteste ce reportage réalisé à l'époque.