Suite à un vote sur Jérusalem, Israël suspend sa coopération avec l'Unesco

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 14/10/2016 à 15H18
L'esplanade des Mosquées ou mont du Temple à Jérusalem.

L'esplanade des Mosquées ou mont du Temple à Jérusalem.

© JACK GUEZ / AFP

Israël a annoncé vendredi 14 octobre suspendre sa coopération avec l'Unesco au lendemain d'un vote dénoncé en Israël comme niant le lien historique millénaire entre les juifs et Jérusalem.

L'Unesco a approuvé le 13 octobre un texte sur la "Palestine occupée" soumis par sept pays arabes visant à la "sauvegarde du patrimoine culturel de la Palestine et du caractère distinctif de Jérusalem-Est".

L'Unesco accusée de "soutien au terrorisme islamiste" par Israël

Dans une lettre adressée à la directrice générale de l'Unesco Irina Bokova et publiée sur Twitter, le ministre israélien de l'Education Naftali Bennett accuse l'Unesco d'apporter un "soutien immédiat au terrorisme islamiste", et annonce la suspension par la commission israélienne de l'Unesco de "toutes ses activités professionnelles avec l'organisation internationale".

Cette décision se traduit par le refus de rencontrer des représentants de l'Unesco ou de participer à des conférences internationales, a précisé le ministère, compétent en la matière. 

Le texte approuvé le 13 octobre

Jérusalem-Est est la partie palestinienne de Jérusalem occupée depuis 1967 par Israël et depuis annexée. C'est là, au coeur du conflit israélien, que se trouve l'ultra-sensible esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam et site le plus sacré  pour les juifs qui le révèrent comme le mont du Temple, là où se dressait le  second temple juif détruit par les Romains en 70. Par un héritage historique, la Jordanie continue à administrer l'esplanade, mais Israël en contrôle tous les accès.

Le texte approuvé jeudi dénonce les empiètements israéliens sur l'autorité de la Jordanie, les incursions israéliennes sur l'esplanade ou encore les restrictions d'accès imposées aux fidèles musulmans. Approuvé en commission, le texte devrait être formellement adopté la semaine prochaine en conseil exécutif.

L'indignation en Israël

Il a provoqué une indignation quasiment unanime de la classe politique israélienne, scandalisée notamment par le fait que le texte ne fasse jamais référence à l'esplanade sous l'appellation de mont du Temple et désigne d'abord par son nom arabe(al-Buraq) le parvis du mur des Lamentations en mettant "mur des Lamentations" entre guillemets.

Dans sa lettre, Naftali Bennett parle de décision "honteuse". Il relève que quelques jours auparavant un Palestinien a tué deux Israéliens à Jérusalem-Est. Le Palestinien s'érigeait en protecteur de l'esplanade et avait été emprisonné par le passé par Israël pour ses prises de position au sujet du site. "Le prochain terroriste pourrait très bien trouver son inspiration et sa légitimité dans l'acte lamentable de l'Unesco", dit Naftali Bennett.

Irina Bokova pour la reconnaissance des différentes appellations

La directrice générale de l'Unesco a pris ses distances avec la résolution. Irina Bokova invoque la signification de Jérusalem pour le christianisme, l'islam et le judaïsme et la coexistence des trois religions qui ont valu à la ville d'être inscrite au patrimoine mondial de l'humanité. "Le patrimoine de Jérusalem est indivisible, et chacune de ses communautés a droit à la reconnaissance explicite de son histoire et de son lien avec la ville. Nier, occulter ou vouloir effacer l'une ou l'autre des traditions juive, chrétienne ou musulmane revient à mettre en péril l'intégrité du site", dit-elle dans un communiqué. La reconnaissance et le respect des différentes appellations "sont essentiels", dit-elle. "La mosquée Al Aqsa / Al-Haram-al-Sharif, sanctuaire  sacré des musulmans, est aussi le Har HaBayit - ou mont du Temple - dont le Mur  occidental est le lieu le plus sacré du judaïsme", dit-elle.