La Sainte-Tunique du Christ exposée à Argenteuil : les secrets de restauration de la relique sacrée

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 25/03/2016 à 15H41
Restauratrice de textiles anciens, Claire Beugnot a eu trois mois pour restaurer et rassembler les 22 morceaux de tissus qui consituent la Sainte-Tunique.

Restauratrice de textiles anciens, Claire Beugnot a eu trois mois pour restaurer et rassembler les 22 morceaux de tissus qui consituent la Sainte-Tunique.

© PHOTOPQR/LE PARISIEN

Pour Argenteuil, c’est un événement historique : à partir du 25 mars et pendant dix-sept jours, la basilique Saint-Denys va exposer la Sainte-Tunique, la relique qui aurait été portée par le Christ le jour de sa crucifixion. Mais avant cette ostension solennelle, trois mois de travail ont été nécessaires pour restaurer cette pièce de tissu millénaire qui n'est montré que deux fois par siècle.

Pour les chrétiens mais aussi pour les passionnés d'Histoire, la Sainte-Tunique représente un trésor inestimable même si la "preuve absolue" de son authenticité comme vêtement de la Passion du Christ n’a pas été apportée. Depuis le 19e siècle, on peut dire que la relique a été étudiée sous toutes les coutures : matière (de la laine de mouton), teinture, méthode de tissage, tout a été passé au crible y compris des traces de sang révélées dans les années 30 qui correspondraient au même groupe AB que le sang présent sur le Suaire d’Oviedo (Espagne) et le Linceul de Turin (Italie), deux autres reliques de la Passion.
La Sainte-Tunique avant sa récente restauration

La Sainte-Tunique avant sa récente restauration

© IP3 PRESS/MAXPPP
C‘est Claire Beugnot, restauratrice d’antiquités qui a restauré plusieurs tuniques pour le musée du Louvre qui s’est vue confier la responsabilité de "rhabiller" la Sainte-Tunique en l'espace de trois mois. Pour elle, travailler sur une telle pièce demande de savoir prendre une certaine "distance".

Reportage : T. Watine / Y. Dorion / A. Le Luhern

2016, une ostension exceptionnelle

La tradition veut que, depuis 1884,  la Sainte-Tunique soit exposée tous les 50 ans. La dernière fois "ostension" (on désigne ainsi la présentation aux fidèles) remonte à 1984. On est donc largement en avance sur le calendrier habituel qui prévoit pour 2034 la prochaine présentation de la relique sacrée. Le pape François ayant décrété 2016 année de la miséricorde, Mgr Stanislas Lalanne, évêque de Pontoise et "Gardien de la Sainte Tunique", a décidé d’une ostension exceptionnelle dans la basilique de Saint-Denys dont on fête cette année le 150e anniversaire.
 
En temps normal, la Sainte-Tunique est visible à la basilique de Saint-Denys d'Argenteuil, mais roulée dans un reliquaire vitré. Pour cette ostension solennelle, elle sera présentée dépliée, sur un grand mannequin et dans un grand reliquaire. 
La Sainte Tunique du Christ  exposée dans la Basilique Saint-Denys d'Argenteuil (Val-d'Oise), le 14 avril 1984

La Sainte Tunique du Christ  exposée dans la Basilique Saint-Denys d'Argenteuil (Val-d'Oise), le 14 avril 1984

© MARTINE ARCHEMBAULT / AFP

Argenteuil ratrappé par l'actualité

Face à l’afflux de pèlerins, la ville d’Argenteuil a renforcé la sécurité avec des policiers en civils et en uniforme. Les visiteurs pénétreront par une seule entrée avec une fouille systématique sans portique. Des mesures qui interviennent dans un contexte particulier : le 24 mars, un homme de 34 ans, Reda Kriket a été interpellé ; il est suspecté d’être impliqué dans un projet d’attentat en France. La police a effectué des perquisitions à son domicile à Argenteuil  où une petite quantité d’explosifs a été découverte.