Retour des joyaux de la couronne de Bohême au château de Prague

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 10/05/2013 à 14H15
Les joyaux de la couronne de Bohême

Les joyaux de la couronne de Bohême

© MICHAL CIZEK / AFP

Ces inestimables chefs-d'oeuvre de l'art médiéval, vieux de plus de sept siècles, sont de nouveau exposés au Château de Prague pour 10 jours. La dernière exposition des joyaux a attiré, il y a 5 ans, plus de 30.000 visiteurs, obligés de faire la queue pendant plusieurs heures.

Selon une tradition établie par le roi de Bohême et l'empereur germanique Charles IV de Luxembourg (1316-1378), les bijoux comprenant la couronne royale, le sceptre, le globe impérial et d'autres objets précieux ne sont exposés qu'à des occasions exceptionnelles. Cette tradition a été renouvelée après la naissance de la Tchécoslovaquie en 1918.

Cette exposition marque le 20e anniversaire de l'indépendance de la République tchèque (1993), le 95e anniversaire de la Tchécoslovaquie et la récente élection du nouveau président, Milos Zeman. Ancienne résidence royale, le Château de Prague abrite aujourd'hui le siège officiel de la présidence tchèque.
Les joyaux de la couronne de Bohême : couronne, sceptre...

Les joyaux de la couronne de Bohême : couronne, sceptre...

© MICHAL CIZEK / AFP

La couronne : 96 pierres précieuses pour 2,358 kilos
Ornée de 96 pierres précieuses dont des rubis, des saphirs et des spinelles, la couronne, un ouvrage en or massif de 2,358 kilos, fut pour la première fois portée par Charles IV lors de son couronnement à Prague en 1347.

Le trésor a été sorti jeudi de la "chambre de la couronne" dans la cathédrale Saint-Guy au Château, dotée de 7 serrures et d'un système de sécurité électronique sophistiqué. La tradition veut que les 7 plus hauts responsables de l'Etat et de l'Eglise, détenteurs des 7 clefs, se réunissent pour ouvrir la chambre. "La valeur des joyaux de la couronne est incalculable. C'est pourquoi il est impossible de les assurer", a déclaré le porte-parole de la chancellerie présidentielle, David Sebek.

La légende mortelle de la couronne royale
L'exposition est aménagée dans la salle Vladislas, bâtie au 15e siècle en style gothique tardif. Selon la légende, une mort atroce dans l'année attend celui qui ose poser la couronne royale sur sa tête, sans être le roi de Bohême. Le dernier à avoir, en 1942, bravé cet interdit a été le SS-Obergruppenführer Reinhard Heydrich, dirigeant nazi en Bohême-Moravie occupée. Par ce geste, il voulait impressionner son rival d'alors, l'amiral Wilhelm Canaris, chef du contre-espionnage. Quelques jours plus tard, Heydrich est mort à Prague des suites de ses blessures infligées lors d'un attentat commis le 27 mai 1942 par des résistants tchécoslovaques.