Puces de Saint-Ouen : le duc de Westminster revend deux marchés

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 22/04/2014 à 16H43
Le marché Serpette, aux puces de Saint-Ouen

Le marché Serpette, aux puces de Saint-Ouen

© Bertrand Guay / AFP

Le PDG du groupe Studyrama Jean-Cyrille Boutmy, amoureux du lieu, a racheté les deux marchés phares des puces de Saint-Ouen, Serpette et Paul-Bert à la société Grosvenor, appartenant au duc de Westminster.

"J'ai acheté ces deux marchés la semaine dernière", a déclaré à l'AFP Jean-Cyrille Boutmy, patron du groupe spécialisé dans l'orientation et la vie étudiante. "J'ai fait ces acquisitions à titre personnel", a-t-il précisé, confirmant une information des Echos.
 
Le plus grand marché d'antiquaires du monde
Interrogé sur le montant de la transaction, le PDG de Studyrama n'a pas souhaité donner de chiffre. Selon les Echos, le montant serait de l'ordre de 25 à 30 millions d'euros.
 
Plus grand marché d'antiquaires au monde, les Puces de Saint-Ouen accueillent près de 5 millions de visiteurs par an. Les marchés Paul-Bert et Serpette, créés en 1885, avaient été rachetés en 2005 par la société Grosvenor, propriété du duc de Westminster.
 
"Ce sont les deux marchés les plus importants des Puces, ils sont connus dans le monde entier", explique Jean-Cyrille Boutmy, qui précise avoir acquis ces deux espaces emblématiques "par passion du lieu".
 
Jean-Cyrille Boutmy veut une "montée de gamme" des deux marchés
"Mon objectif, c'est de conserver le côté précurseur et éclectique des deux marchés tout en accompagnant leur montée en gamme", ajoute M. Boutmy, qui entend "faire venir de nouveaux marchands, développer l'événementiel et accroître la présence du numérique".
 
Classées "zone de protection de patrimoine architectural, urbain et paysager" en 2001, les Puces rassemblent aujourd'hui quelque .700 marchands et 14 marchés, qui génèrent un chiffre d'affaires de 400 millions d'euros par an, dont 300 pour les antiquaires.
 
Des problèmes de vétusté
Ces dernières années, plusieurs arrivées médiatisées, dont celle du designer français Philippe Starck qui y a conçu un restaurant, ont donné un coup de jeune aux célèbres Puces, qui restent toutefois confrontées à un problème de vétusté de certaines boutiques et de sécurité.

Depuis plusieurs années, les quelque 350 marchands, locataires des marchés Serpette et Paul-Bert, étaient en guerre contre "le Duc" de Westminster, Lord Gerald Grosvenor, qu'ils accusaient de "maltraiter ses sujets français" et "d'imposer des ratios de rentabilité incompatibles avec les possibilités des puciers".

Des procédures engagées contre Grosvenor par des marchands
Selon Bruno Malet, président de l'Association des marchands, "entre 150 et 180 procédures" sont engagées auprès du tribunal à son encontre pour "non-renouvellement des baux" ou "charges indûment facturées".

"Les Puces ont un vrai potentiel qu'il faut encore développer et ces deux marchés sont très dynamiques. Grosvenor, qui gère des bureaux et des centres commerciaux, était dans un raisonnement d'investissement immobilier", déclare le nouveau maire divers droite de Saint-Ouen, William Delannoy, dont les parents tenaient un stand de textile aux Puces.