Polémique sur la démolition de La Samaritaine : décision vendredi

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 10/04/2014 à 16H44
La façade de la Samaritaine face à la Seine, à Paris

La façade de la Samaritaine face à la Seine, à Paris

© Manuel Cohen

L'homme le plus riche de France, Bernard Arnault, face aux défenseurs du patrimoine: la justice décide vendredi si la démolition d'immeubles du grand magasin La Samaritaine, datant de 1852, peut se poursuivre, au coeur du vieux Paris.

"On ne pouvait pas garder ces façades", explique à l'AFP la directrice générale de La Samaritaine, Marie-Line Antonios, en dévoilant la maquette mobile du nouveau projet: des commerces, un hôtel de luxe, des bureaux, des logements sociaux, une crèche, alors que des bulldozers achèvent la démolition de trois des quatre bâtiments anciens. 
La maquette du nouveau complexe commercial Samaritaine, à Paris 

La maquette du nouveau complexe commercial Samaritaine, à Paris 

© PIERRE ANDRIEU/AFP
Le groupe de luxe LVMH, propriété de Bernard Arnault, a acquis ce grand magasin, fondé en 1870 par Ernest Cognacq, pour le rénover entièrement: 460 millions d'euros d'investissement, 2.100 emplois créés. Mais aussi, en pleine rue de Rivoli, ces démolitions controversées et une structure métallique neuve, habillée d'une façade de verre ondulée et sérigraphiée, conçue par l'agence japonaise Sanaa.

Le projet a poussé deux associations, la Société pour la protection des paysages et de l'esthétique de la France (SPPEF) et SOS Paris, à attaquer le projet en justice et la Commission du Vieux Paris à donner un avis défavorable.
La décision attendue vendredi, même si elle devait suspendre les travaux, arriverait trop tard, sauf pour le dernier des immeubles, qui accueille la "Maison du Projet" où la maquette est désormais exposée. 
Le bâtiment abattu de la Samaritaine, rue de Rivoli à Paris

Le bâtiment abattu de la Samaritaine, rue de Rivoli à Paris

© FRANCK FIFE/AFP
"Nous allons nous battre pour cet immeuble", dit à l'AFP Julien Lacaze, 38 ans, vice-président de la SPPEF montrant, derrière le va-et-vient des pelles mécaniques, le coin de rue destiné à disparaître.  L'une des pelles déplace une poutre ancienne, énorme, qui vient d'être extraite des décombres. "Elle date de 1725", explique le responsable de la 
SPPEF: l'année du mariage de Louis XV avec Marie Leczinska.
La "Maison du Projet" est couverte de slogans: "Paris n'est pas un musée et a besoin de se renouveler", peut-on lire. Mais dans le Livre d'or, un visiteur se plaint de "la destruction d'éléments du passé" et un autre dénonce des démolitions de grande ampleur dans un quartier qui est "l'âme de Paris".