Patrimoine mondial 2012 : 33 sites en lice, dont celui de Bethléem

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 21/06/2012 à 12H04
La basilique de la Nativité sous la pluie (20/12/2002)

La basilique de la Nativité sous la pluie (20/12/2002)

© Musa Al-Shaer / AFP

L'inscription de la basilique de la Nativité de Bethléem comme tout premier site palestinien à l'Unesco constituera la principale controverse à l'ordre du jour de la session annuelle du Comité du Patrimoine mondial, du 24 juin au 6 juillet à Saint-Pétersbourg, en Russie.

Quelque 33 nouveaux sites sont en lice pour être distingués pour leur "valeur universelle exceptionnelle" et s'ajouter à une liste déjà longue de 936 noms dans 153 pays.

Les candidatures vont des "paysages cariocas de Rio", au Brésil, aux vignobles du Piémont, en Italie, en passant par les Kremlins russes, la capitale marocaine Rabat ou le parc de la Sangha à cheval sur le Cameroun, le Congo et la
République Centraficaine. La France présentera le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, la Belgique les sites miniers de Wallonie.

Palestine : une première candidature qui fâche
Cinq pays n'ayant pas encore été distingués présentent des sites: Congo, Palau, Qatar, Tchad et surtout la Palestine. Nouveaux venus à l'Unesco en octobre 2011 au terme d'un vote qui avait provoqué la colère des Israéliens et des Américains, les Palestiniens demandent l'inscription de "l'église de la Nativité et la route du pèlerinage, à Bethléem" en tant que "Lieu de naissance de Jésus".

Haut lieu de pèlerinage, Bethléem est le premier site touristique des Territoires palestiniens (deux millions de visiteurs en 2011). Datant de l'empereur romain Constantin, au IVe siècle, la basilique de la Nativité est l'une des églises les plus anciennes et sacrées de la chrétienté. Les Palestiniens font cette demande d'inscription en "urgence" du fait du "délabrement et de la dégradation de l'ensemble architectural" en raison de l'absence de travaux de restauration sérieux depuis 50 ans.

Une affaire "politique"
Mais les experts du Conseil international des monuments et des sites (Icomos), qui évaluent les candidatures, on rendu un avis défavorable, estimant que les Palestiniens n'ont pas procédé à une évaluation complète des menaces pesant sur le site. Pour l'ambassadeur palestinien à l'Unesco Elias Sanbar, cet avis est "biaisé" : "Ceux qui ont perdu la bataille du vote de l'entrée de la Palestine à l'Unesco veulent nous empêcher d'exercer nos droits."

Pour un diplomate à l'Unesco, "le dossier est devenu politique. Les Palestiniens en font un point d'exercice de leur souveraineté." Le dossier sera probablement tranché par un vote du Comité du Patrimoine, composé de représentants de 21 pays, qui est souverain et peut aller contre l'avis des experts.

Les décisions de l'agence de l'ONU pour l'éducation, la science et la culture ont également un fort enjeu économique car le classement d'un site facilite le déblocage d'aides pour la préservation et entraîne une hausse de la fréquentation touristique.

Des enjeux économiques, mais aussi écologiques
Mais le principal défi aujourd'hui pour l'Unesco est la conservation des sites menacés par l'absence d'entretien, le tourisme incontrôlé ou le développement d'activités économiques à l'image de la Grande barrière de corail australienne menacée par le boom de l'exploitation minière et du gaz.

Le Comité formulera pendant sa session des recommandations sur la gestion de 105 sites qui, si elles ne sont pas suivies par les Etats, peuvent entraîner à terme un retrait de la liste du Patrimoine, sanction suprême qui n'a été appliquée qu'à deux reprises. Il peut aussi allonger sa liste "du patrimoine en péril", qui comprend 35 sites particulièrement menacés, dont les îles Galapagos (Equateur) qui furent le premier site classé "Patrimoine mondial" en 1978.

L'aqueduc d'Elvas, au Portugal (2007)

L'aqueduc d'Elvas, au Portugal (2007)

© Wojtek Buss / TIPS / Photononstop / AFP
La liste des candidats

Biens naturels:
- le site fossilifère de Chengjiang (Chine)
- le parc trinational de la Sangha (Cameroun, Congo, République centrafricaine)
- le parc naturel des colonnes de la Lena (Fédération de Russie)
- Ghâts occidentaux (Inde)
- Lacs d'Ounianga (Tchad).
   
Biens culturels :
- l'opéra margravial de Bayreuth (Allemagne)
- Schwetzingen : une résidence d'été du prince électeur (Allemagne)
- Activités perlières, témoignage d'une économie insulaire (Bahreïn)
- Sites miniers majeurs de Wallonie (Belgique)
- Rio de Janeiro, paysages cariocas entre les montagnes et la mer (Brésil)
- Le Paysage de Gan Pré (Canada)
- Site de Xanadu (Chine)
- Ville Historique de Grand-Bassam (Côte d'Ivoire)
- Ensemble religieux sur les vestiges du forum romain de Zadar (Croatie)
- Kremlins russes (Fédérations de Russie)
- Bassin minier du Nord-Pas de Calais (France)
- Forts de colline du Rajasthan (Inde)
- Paysage culturel de la province de Bali : le système des subak en tant que manifestation de la philosophie du Tri Hita Karana (Indonésie)
- Masjed-e Jame' d'Ispahan (Iran)
- Gonbad-e Qabus (Iran)
- Paysage des vignobles du Piémont : Langhe-Roero et Montferrato
- Patrimoine archéologique de la vallée de Lenggong (Malaisie)
- Rabat, capitale moderne et ville historique : un patrimoine en partage (Maroc)
- Lieu de naissance de Jésus : l'église de la Nativité et la route de pèlerinage, Bethléem (Territoires palestiniens)
- Ville de garnison frontalière d'Elvas et ses fortifications (Portugal)
- Site archéologique d'Al Zubarah (Qatar)
- Pays Bassari : paysages culturels Bassari, Peul et Bédik (Sénégal)
- Patrimoine du mercure. Almadén et Idrija (Slovénie/Espagne)
- Fermes décorées de Hälsingland (Suède)
- Site néolithique de Çatal Höyük (Turquie)
- Kiev : cathédrale Sainte-Sophie et ensemble des bâtiments monastiques, les églises Saint-Cyril et Saint-André, laure de Kievo Petchersk.
   
Biens mixtes
- Sites de l'évolution humaine du mont Carmel : les grottes de Nahal Me'arot/Wadi el-Mughara (Israël)
- Lagon sud des îles Chelbacheb (Palaos).