Patrimoine : à Aurignac, le père Noël arrive en mars et il est texan !

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 26/03/2013 à 13H09
Le village d'Aurignac (Haute-Garonne)

Le village d'Aurignac (Haute-Garonne)

© GRARD GSELL / PHOTONONSTOP

En pleine période de restriction budgétaire, les habitants d'Aurignac viennent de voir comme tomber du ciel un don de 100.000 dollars de la part d'un riche entrepreneur pétrolier du Texas pour la restauration de leur patrimoine.

Un passé vieux d'environ 35.000 ans a rendu mondialement célèbre Aurignac, qui a donné son nom à la culture préhistorique de l'aurignacien. Mais c'est à l'église du 13e siècle qu'est destiné le chèque équivalent à 77.000 euros signé par le donateur, tombé sous le charme de la petite localité de Haute-Garonne, de ses ruelles médiévales, ses maisons en pierres ou à pans de bois et son château comtal avec une vue remarquable sur la chaîne des Pyrénées.

Un gros chèque pour la toiture 

Le bienfaiteur et son épouse sont venus de Houston "chez nous pour le mariage de notre fille au mois de mai 2012", se rappelle Renée Ragnès, dont le mari, dans la recherche pétrolière, s'est lié d'amitié avec le Texan. Les Ragnès, qui appartiennent à une association pour la restauration du village, le leur ont fait visiter et leurs hôtes "sont tombés amoureux, en admiration, de ce village et de ces vieilles pierres".  Dans l'église, Michael et Janet (Mme Ragnès n'a pas divulgué leur nom), très croyants et pratiquants, ont été affectés de voir que la toiture fuyait. Et quand ils ont adressé leurs voeux de nouvelle année aux Ragnès, ces derniers ont eu la surprise de découvrir dans le pli un chèque à l'ordre de l'association. 

L'association et la mairie, propriétaire du bâtiment, doivent à présent décider de la meilleure utilisation de l'argent. Pour Jean-Michel Losego, le maire de cette localité de 1.300 habitants, un tel cadeau, "c'est un bonheur". Aurignac a "le problème de toutes les communes qui, riches à un moment donné, ne le sont plus", et qui se retrouvent avec un patrimoine considérable à entretenir, dit le maire. Pour autant, l'église, remarquable pour son clocher et son porche, n'est pas à proprement parler délabrée et c'est plutôt à la réhabilitation et la mise en valeur de son mobilier que la somme serait mieux employée, envisage-t-il. 

Déjà en 1911...

Aurignac est coutumière des largesses venues d'Amérique. En 1911, Bertrand Adoue, enfant pauvre d'Aurignac parti faire fortune comme épicier puis banquier à Dallas (Texas), légua à sa disparition une partie de sa richesse aux indigents de son village, rapporte la Dépêche du Midi. Un étudiant d'Aurignac touche encore chaque année une bourse de 400 ou 500 euros grâce aux intérêts produits par le capital laissé à la même époque par une autre Aurignacaise, émigrée aux États-Unis elle aussi, rappelle la municipalité. 

Et si Edouard Lartet a mené au 19e siècle dans l'abri préhistorique d'Aurignac les fouilles qui ont conduit à la définition de la culture aurignacienne et qui ont contribué à jeter les fondements de la paléontologie humaine, il a aussi été financé dans ses travaux par des fonds venus d'outre-Atlantique, dit le maire. Celui-ci apprécie le geste du mécène texan. Mais il relève avoir rencontré bien des réticences locales devant le projet de musée dédié à la préhistoire à Aurignac. Le musée doit ouvrir début 2014 et coûter un peu plus de deux millions d'euros.