Palmyre : offensive jihadiste repoussée mais les combats continuent

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 17/05/2015 à 11H09
Sur le site des vestiges de la ville antique de Palmyre,  en mars 2014.

Sur le site des vestiges de la ville antique de Palmyre,  en mars 2014.

© Joseph EID / AFP

Une pluie de roquettes tirées par le groupe extrémiste Etats islamique est tombée sur la ville antique de Palmyre. Les violents combats se poursuivaient lundi matin d'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme entre les troupes du régime et les jihadistes aux périphéries de cette ville vieille de plus de 2.000 ans située dans le désert syrien, limitrophe de la frontière irakienne.

Dans le nord de la ville, et après de violents combats avec l'armée, l'EI "s'est retiré de la plupart des quartiers" moins de 24 heures après s'être emparé de la zone septentrionale, a confirmé de son côté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
   
Toutefois, "les combats se poursuivent dans la banlieue nord d'Amiriya entre forces loyalistes et jihadistes", a précisé Rami Abdel Rahmane, directeur de l'ONG qui dispose d'un large réseau de sources civiles, médicales et militaires.



Des sites repris à l'EI

"L'attaque de l'EI a été avortée et les jihadistes ont été chassés des périphéries Nord et Est" de Palmyre, a affirmé dimanche matin le gouverneur de Homs, province dont fait partie cette ville vieille de plus de 2000 ans. M.Talal Barazi a indiqué en outre que l'armée avait repris une série de sites stratégiques, dont des collines, des barrages et la tour de la radio et télévision de Palmyre, dans le nord-ouest de la ville.

Samedi en début de soirée, l'EI avait pris le contrôle de la majeure partie du nord de Palmyre où des affrontements intenses les ont opposés aux forces loyalistes. Selon l'OSDH, ils ont fait au moins 29 morts parmi les jihadistes et 23 parmi les membres des forces gouvernementales.

D'après M. Barazi, l'armée a tué "130 jihadistes"."L'armée continue de nettoyer la zone de bombes plantées (par l'EI) afin de rétablir la circulation", a ajouté le gouverneur. De son côté, l'OSDH, les combats ont fait au moins 29 morts parmi les jihadistes, dont quatre chefs, et 23 parmi les membres des forces gouvernementales.

L'assaut contre un joyau inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco

L'EI a lancé mercredi l'assaut sur Palmyre, qui se trouve dans la province d'Homs (centre) et revêt une importance stratégique pour lui puisqu'elle ouvre sur le grand désert syrien, limitrophe de la province irakienne d'Al-Anbar, en grande partie contrôlée par ce groupe ultraradical sunnite.
   
La ville est également importante pour la propagande de l'EI, puisque son importance culturelle attire l'attention des médias du monde entier et a poussé l'Unesco à appeler le Conseil de sécurité de l'ONU à agir pour la préserver.

La plupart des ruines monumentales, qui comportent notamment des colonnades torsadées romaines, des temples et des tours funéraires, se trouvent au sud-ouest de la ville. Ce site, qui fut l'un des plus importants foyers culturels du monde antique, est inscrit au patrimoine mondial de l'Humanité de l'Unesco.
   
Le directeur des Antiquités et des musées syriens, Maamoun Abdelkarim, a confié sa peur de voir Palmyre subir le même sort que des sites archéologiques dans le nord de l'Irak, notamment Nimroud et Hatra, endommagés ou détruits par l'EI.