Palmyre : l'EI fait exploser trois célèbres tours funéraires

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 04/09/2015 à 10H26
Palmyre, les tours funéraires de la nécropole de la "Vallée des tombeaux", dans un cliché de 2010.

Palmyre, les tours funéraires de la nécropole de la "Vallée des tombeaux", dans un cliché de 2010.

© DELACOUCHY/SIPA

Le groupe extrémiste Etat islamique (EI) a fait exploser trois des célèbres tours funéraires du site antique de Palmyre dans le désert syrien, a annoncé à l'AFP le chef des Antiquités syriennes Mammoun Abdelkarim.

"Ils ont fait exploser trois des tours funéraires, celles qui étaient les mieux préservées, les plus belles", a indiqué le chef des Antiquités syriennes Mammoun Abdelkarim. "Nous avions reçu des rapports il y a dix jours mais nous venons de confirmer l'information", a-t-il ajouté. "Nous avons obtenu des images satellitaires du Syrian Heritage Initiative, un institut basé aux Etats-Unis, qui ont été prises le 2 septembre".

Les tombeaux d'Elahbel, de Jamblique et de Khitôt

Il s'agit selon lui des célèbres tombeaux d'Elahbel, de Jamblique et de Khitôt, "construits par des riches familles de l'antique Palmyre et qui étaient le symbole de l'essor économique de la ville durant les premiers siècles après  J.-C", a expliqué Mammoun Abdelkarim. "Palmyre est connue pour ses tours funéraires qui sont caractéristiques de l'architecture de la ville", a-t-il rappelé.

Les précédentes destructions

L'EI, qui a profité de la guerre civile pour s'implanter en Syrie, s'était emparé le 21 mai de Palmyre, à 205 km à l'est de Damas, après en avoir chassé les forces gouvernementales, suscitant aussitôt la crainte pour l'avenir du patrimoine syrien. Le site de Palmyre est classé au patrimoine de l'Humanité par l'Unesco et accueillait avant la guerre 150.000 touristes par an. Le 23 août, les jihadistes avaient détruit à l'explosif le temple de Baalshamin à Palmyre. Quelques jours plus tôt, ils avaient mutilé le corps de  l'ex-patron des Antiquités de la ville Khaled al-Assaad, 82 ans, après l'avoir  exécuté. Dimanche dernier, ils ont rasé le temple de Bêl, "le plus beau symbole de toute la Syrie", selon Mammoun Abdelkarim.