Notre-Dame des Fontaines, la "Chapelle Sixtine des Alpes"

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 29/03/2013 à 11H55
L'enfer, fresque de Notre-Dame des Fontaines

L'enfer, fresque de Notre-Dame des Fontaines

© DR

A la Brigue, dans les Alpes-Maritimes, une chapelle d’altitude recèle un véritable trésor artistique : des fresques du XVe siècle représentant la Passion du Christ et le Jugement Dernier dans un dynamisme inattendu. Elles sont l’œuvre de deux peintres italiens fort différents, Giovanni Canavesio et Giovanni Baleison.

La première chapelle bâtie sur le site date du XIIe siècle. Elle avait été érigée après un tremblement de terre pour demander à la Vierge Marie de raviver les sources taries depuis le séisme. L’eau s’étant finalement remise à coulée, des pèlerinages à Notre-Dame des Fontaines ont été organisés depuis lors.
 
Un très petit édifice
Détruite puis reconstruite, elle respecte un plan minimal limitant l’édifice à une nef de seize mètres sur dix a laquelle est ajouté un chœur de petite taille. La décoration en fut d’abord confiée au Piémontais Giovanni Baleison qui peignit le chœur vers 1481, puis une dizaine d’années plus tard à Giovanni Canavesio lui aussi originaire du Piémont. Les fresques de ce dernier sortent tout à fait de l’ordinaire. Elles présentent un dynamisme étonnant pour l’époque. 

Reportage : C Fazi, JM Sara, B Prou
La peur
Très expressives, les fresques de Canavesio dépeignent une religion dont l’emprise sur les ouailles était basée sur la peur du Diable et de l’Enfer. A cet égard la rarissime représentation du suicide par pendaison de Judas Iscariote, agrémentée d’une figure diabolique recueillant l’âme du mourant arrachée de ses entrailles, est particulièrement horrifiante.
 
Deux styles
Les deux auteurs des fresques sont très facilement différenciables. A la violente symbolique de celles de Canavesio s’oppose la douceur et la tendresse qui émanent de celles dues à Baleison. On ne connaît d’ailleurs ces dernières que depuis un temps relativement récent : elles furent découvertes fortuitement en 1959 par un ouvrier qui cassa accidentellement la couche de plâtre la recouvrant et qui servait de support à une multitude d’ex-votos.
 
Chapelle Sixtine ?
Malgré le caractère exceptionnel des fresques, la réputation de « Chapelle Sixtine des Alpes » est exagérée. L’œuvre est très loin de présenter la munificence et la maîtrise picturale de celle de Michel-Ange.
 

La chapelle se visite tous les jours de 10h à 12h30 puis de 14h à 17h30 du 1er mai au 31 octobre. 
Le reste de l'année, il faut réserver auprès de l'Office de tourisme de la Brigue (Alpes-Maritimes).
La visite peut se faire individuellement ou par groupe avec guide et commentaires.