Nigeria : un festival interdit aux étrangers à la ville par crainte d'Ebola

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 18/08/2014 à 19H52
Festival Osogbo en 2013, danses traditionnelles

Festival Osogbo en 2013, danses traditionnelles

© Zhang Weiyi / XINHUA / AFP

Les organisateurs du grand festival de culture Yoruba à Osogbo, dans le sud-ouest du Nigeria, ont demandé aux personnes étrangères à la ville de ne pas venir, par crainte de propagation du virus Ebola qui a touché le pays.

Des dizaines de milliers de personnes sont attendues au festival annuel "Osun Osogbo", qui se tient vendredi à Osogbo, capitale de l'Etat d'Osun.

Toutefois, en raison de l'expansion du virus d'Ebola, qui a fait quatre morts, affectant douze personnes à Lagos, selon le ministère de la Santé, le commissaire de la Culture et la Santé de l'Etat, Ayedun Sikiru Adetona, a prévenu que le nombre de participants serait réduit cette année.

"Nous voulons que seuls les habitants d'Osogbo assistent au festival", a dit le commissaire. "Nous pourrons accueillir des visiteurs du Nigeria et de l'étranger plus tard, losrque nous aurons vaincu ce virus mortel" d'Ebola, a-t-il ajouté.

Des appels à la télévision

Le commissaire de l'Etat à l'information, Sunday Akere, a ajouté que les transporteurs routiers et les membres de la milice patriotique yoruba du Congrès du peuple Oodual (OPC), -qui forment l'essentiel des spectateurs généralement- avaient été appelés à ne pas venir.

"Nous avons lancé des messages radio-télévisés pour décourager les gens de venir cette année. Nous avons aussi insisté auprès des hôtels pour qu'ils ne prennent pas de clients en ce moment", a poursuivi Akere.

Contrôle de santé pour tous les participants

Les Yoruba, majoritaires dans le sud-ouest, sont une des trois principales communautés du Nigeria, avec les Igbos dans l'est et les Haoussa dans le nord. Tout participant au festival, que les Yoruba considèrent comme une purification traditionnelle de la ville et un temps de rencontre avec les ancêtres, sera l'objet d'un contrôle de santé: prise de température, lavement des mains avec un désinfectant, rigoureux contrôle policier pour éviter les contacts physiques entre participants.

La déesse de la rivière Osun est considérée comme une divinité qui rend fertiles les couples qui boivent l'eau de cette rivière. Le festival se déroule dans une forêt "sacrée", un site du Patrimoine mondial de l'UNESCO près d'Osogbo, avec des autels et des sculptures en l'honneur des divinités Yoruba.