Musée de Cluny : les mystères de la Dame à la Licorne

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 26/03/2014 à 16H13
La sixième tapisserie de "La Dame à la Licorne"

La sixième tapisserie de "La Dame à la Licorne"

© ZENOBEL/SIPA

Cela fait déjà plusieurs mois que les six tapisseries qui composent l'ensemble connu sous le nom de "La Dame à la Licorne" ont retrouvé le musée de Cluny, à Paris. Elles ont été restaurées et le public parisien peut à nouveau les contempler en se demandant ce qui peut se cacher derrière leur mystère.

Elles sont six. On dit qu'elles illustrent les cinq sens, mais alors quel mystérieux sixième sens illustrerait la dernière qui porte l'inscription "A mon seul désir" ? Elles sont six, mais certains textes anciens évoquent sept, voire huit tapisseries. Selon Prosper Mérimée, celles qui manquent auraient été découpées pour servir de tapis ou même couvrir des charrettes.

Ce qui est sûr, c'est qu'elles furent tissées, non pas à Aubusson comme on le croit faussement parfois, mais dans les Flandres entre 1484 et 1500. Elles illustreraient une légende allemande de l'époque. Le blason qui y figure serait celui, déformé, de la famille Le Viste dont le plus célèbre membre fut Jean IV Le Viste, un haut magistrat d'origine Lyonnaise. Le blason évoquerait une branche cadette de sa famille. Les tapisseries appartiennent à la tradition des "Mille Fleurs".

Reportage : O. Badin/P. Sorgues/M. Chekkoumy/R. David
Si l'on s'en tient à l'évocation des cinq sens voici comment l'hypothèse peut s'illustrer. Celle qui représente la Dame prenant une dragée tendue par une servante évoque le goût. La Dame joue de l'Orgue, c'est l'ouïe. La Licorne se regarde dans un miroir tendu par la Dame, c'est la vue. La dame tisse une couronne de fleur et à ses côté un singe respire une fleur, c'est l'odorat. Lorsque la Dame tient d'une main la corne de la Licorne et de l'autre un étendard, c'est le toucher.
Le toucher

Le toucher

© Musée de Cluny
Vertus allégoriques
Une autre intrprétation voudrait que les six tapisseries illustrent six vertus allégoriques courtoises évoquées dans le Roman de la Rose. Il s'agirait alors Oiseuse pour la vue, Richesse pour le toucher, Franchise pour le goût, Liesse pour l'ouïe, Beauté pour l'odorat et Largesse pour la dernière "A mon seul désir".

Retissage
La restauration aura sans doute permis de rattraper la différence de couleurs remarquée sur le bas des tapisseries. Elle provenait un retissage effectué au XIXe siècle lorsqu'elles ont intégré les collections publiques. Les pigments étant alors chimiques au contraire des originaux qui étaient naturels et qui avaient donc vieilli différement.

Musée National du Moyen-Âge -Thermes et Hôtel de Cluny
6, place Paul-Painlevé Paris Ve
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