Mur de Berlin : un pan d'Histoire en plein coeur de la Sarthe

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 09/11/2014 à 12H33
Des inscriptions en cinq langues pour symboliser la liberté retrouvée.

Des inscriptions en cinq langues pour symboliser la liberté retrouvée.

© France 3

Alors que l'Allemagne célèbre en grande pompe la chute du mur de Berlin, la Sarthe elle aussi possède son morceau d'Histoire. Un entrepreneur local a acquis il y a quelques années un pan du célèbre mur. A l'occasion du 25e anniversaire de l'événement, il a demandé à une artiste plasticienne de le "décorer". Une démarche qui s'inscrit dans l'histoire familiale douloureuse du chef d'entreprise.

Reportage : Y.Ledos / C.Mordrelle / P.Coat

L'image est insolite. Au milieu de la cour intérieure de Fimor, entreprise sarthoise spécialisée dans les polymères, se dresse un pan de mur. Mais pas n'importe quel mur. LE Mur, celui de Berlin qui sépara pendant 28 ans les habitants des deux Allemagne. Le vestige, d'une hauteur d'un mètre environ, a été acquis pour une bouchée de pain en 1998 par le PDG de l'entreprise. A l'époque, les débris de cette période douloureuse n'intéressaient que peu les Allemands. Alex Zuckermann au contraire y a vu un symbole. Un symbole historique bien sûr, mais aussi personnel, lui dont la famille a dû fuir le Nazisme.

Un passé douloureux
Allemagne 1933. Alors qu'Hitler prend le pouvoir, la famille Zuckerman est forcée à l'exil. Deux des oncles d'Alex, communistes convaincus, reviendront après la guerre. L'un d'entre eux participe même à la rédaction de la constitution de la RDA. Mais la violence d'un autre tyran, Staline cette fois, va à nouveau les séparer. Un frère va réussir à fuir, l'autre pas. Ils ne se reverront jamais. C'est ce passé douloureux qui a convaincu Alex Zuckermann de la nécessité de perpetuer la mémoire des événements qui ont conduit à la chute du Mur de Berlin. Il y a quelques mois, il confie le projet à une plasticienne, Elodie Lemerle.

Un projet tourné vers l'avenir
Issue d'une autre génération, la jeune femme garde en mémoire les images extraordinaires de ce 9 novembre 1989 quand enfin, le mur est tombé. Son approche artistique est résolument tournée vers l'avenir et comment reconstruire sur les ruines du passé. Sur le pan de mur vierge qu'on lui a confié, l'artiste a représenté un enfant regardant de haut ce vestige d'une époque révolue. Des phrases en cinq langues sont inscrites à la manière de tags tout au tour de la stèle. "Ne se tenir d'aucun côté de la frontière", "Mesurer l'importance de sa liberté"...autant de slogans qui auraient pu être ceux des manifestants de 1989.