Mont-Saint-Michel : l'abbaye à nouveau payante après la fin d'une grève

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 17/07/2013 à 12H21
Coucher de soleil sur le Mont-Saint-Michel (15 juillet 2013)

Coucher de soleil sur le Mont-Saint-Michel (15 juillet 2013)

© Damien Meyer / AFP

Les agents de l'abbaye du Mont-Saint-Michel (Manche) ont mis fin mardi à leur mouvement de grève qui durait depuis 44 jours pour des questions d'accès au rocher. Du coup, le célèbre monument, resté le plus souvent ouvert et gratuit, est redevenu mercredi.

"L'abbaye rouvrira normalement demain mercredi" et son accès sera donc "payant", a prévenu mardi soir, auprès de l'AFP, Jean-Marc Bouré, l'administrateur de l'abbaye. L'accès à l'abbaye coûte 9 euros, mais est gratuit pour les moins de 26 ans, a-t-il rappelé.

Le célèbre monument, l'un des sites touristiques les plus visités en France, classé au patrimoine mondial de l'Unesco, accueille à cette période entre 7000 et 9000 visiteurs par jour. L'abbaye est l'un des rares sites rentables pour le centre des Monuments nationaux qui en gère 96.

Un problème de navettes réservées aux salariés
Les 45 agents et contractuels de l'abbaye, soutenus par les salariés des commerces, réclamaient le rétablissement des navettes qui leur étaient réservées et qui les déposaient au pied des remparts du Mont-Saint-Michel. Ces navettes avaient été supprimées par Veolia Transdev, à qui les collectivités locales ont confié le transport des touristes. Les agents et travailleurs du rocher devaient en conséquence prendre les bus publics qui partent du parking, sur la côte, et s'arrêtent à 400 m du rocher.

Ces nouvelles modalités, mises en place dans le cadre des grands travaux qui visent à rendre son caractère insulaire au Mont, entraînaient une perte de temps quotidienne, déclaraient les travailleurs qui ont manifesté, dans une ambiance souvent tendue, à plusieurs reprises.

Les salariés ont obtenu une navette
Selon l'administrateur Jean-Marc Bouré, les grévistes ont obtenu qu'une navette leur soit dévolue, ainsi qu'aux habitants du rochers et aux travailleurs des commerces, à raison de 25 voyages quotidiens. Ces navettes s'arrêteront au pied du Mont. Elles seront mises en place à des horaires définis "en fonction des prises de postes" des agents et des travailleurs du rocher.

L'essentiel de l'accord a été établi la semaine dernière, selon Serge Poisson (CGT des Monuments historiques) mais les salariés attendaient davantage de garanties, notamment un arrêté préfectoral qui autorise les navettes dévolues aux salariés à s'arrêter au pied du Mont. L'arrêté est tombé mardi après-midi, a précisé le syndicaliste.

Nouvelles modalités : une période d'essai de trois mois
Les nouvelles modalités d'accès au rocher pour les agents de l'abbaye et les 600 à 700 personnes qui y travaillent en haute saison, feront l'objet d'une expérimentation du 22 juillet au 22 octobre. A l'issue de cette période, un bilan sera établi, a annoncé de son côté l'administrateur Jean-Marc Bouré.

Les agents, qui ont voté à la quasi-unanimité pour la fin de leur mouvement, se sont réjouis de l'accord. "Nos revendications ont été entendues et actées ce jour par les services de l'Etat", ont-ils commenté dans un communiqué transmis à l'AFP par la CFDT-Culture. "Ca valait la peine dans le sens où le syndicat mixte s'est engagé à des rencontres plus fréquentes avec nous pour aménager le mode d'accès au Mont pour les salariés", a déclaré Serge Poisson (CGT). Jean-Marc Bouré a évalué le coût du mouvement "de l'ordre de 500.000 à 600.000 euros". Lui aussi s'est dit "satisfait qu'ils (les agents) aient obtenu une navette dédiée".

Le syndicat mixte -opérateur de l'ensemble des grands travaux du Mont-Saint-Michel, qui prendront fin en 2015- n'a pas souhaité commenter la fin de la grève. Mais un porte-parole de cette instance -présidée par Laurent Beauvais (PS) également président du conseil régional de Basse-Normandie- a souligné que des propositions de navettes spéciales pour les salariés avaient été formulées dès le mois juin par le syndicat mixte.

Un réaménagement qui suscite bien des polémiques
Le projet d'aménagement du Mont-Saint-Michel implique notamment le remplacement d'une digue-route, qui a été détruite, par un pont-passerelle. Le rocher pourra alors redevenir une île 20 jours par an en moyenne.

Le parking, qui était situé au pied du mont, est dorénavant situé sur la côte. Depuis début juin, le prix du parking a augmenté, tandis qu'en contrepartie, les touristes n'ont quasiment plus besoin de marcher pour prendre les navettes à destination du rocher.