Mali : huit mausolées de Tombouctou ont été reconstruits

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 20/07/2015 à 17H09
Reconstruction d'un mausolée de Tombouctou, en avril 2015.

Reconstruction d'un mausolée de Tombouctou, en avril 2015.

© Sébastien Rieussec / AFP

Des maçons de Tombouctou ont reconstruit huit des 14 mausolées détruits par des insurgés islamistes qui s'étaient emparés de cette ville du nord du Mali en 2012, ont annoncé lundi les Nations unies et des responsables politiques maliens.

A l'époque, les combattants djihadistes avaient justifié leur entreprise de destruction en expliquant que ces mausolées relevaient à leurs yeux de l'idolâtrie. Ils avaient également brûlé des milliers de manuscrits anciens.

Des artisans locaux

Répondant à un appel du gouvernement malien, l'Unesco dit avoir recruté des artisans locaux pour procéder à la reconstruction des mausolées saccagés. "Votre action pour sauvegarder les éléments essentiels de votre histoire est la preuve que le Mali se relève, se rassemble et reprend confiance", leur a dit samedi Irina Bokova, directrice générale de l'organisation onusienne, lors d'une visite sur place.

Selon la mission de l'Onu dans le pays (Minusma), qui participe au projet, huit tombes sur 14 ont été reconstruites et les dernières le seront bientôt.

"Cette reconstruction va au-delà de simples murs", a déclaré Ramatoulaye N'Diaye Diallo, ministre de la Culture du pays. "Il s'agit de redonner des armes sur le plan moral aux communautés de Tombouctou et au peuple malien." Les combattants islamistes ont été délogés de la ville en 2013 lors de l'opération Serval menée par l'armée française.

La cité des 333 saints

Située à la lisière du Sahara à un millier de kilomètres au nord de Bamako, Tombouctou, ville de 30.000 habitants surnommée "la cité des 333 saints" ou "la perle du désert", est inscrite au patrimoine mondial par l'Unesco depuis 1988. Fondée entre le XIe et le XIIe siècle par des tribus touarègues, la ville a été un grand centre intellectuel de l'islam et une ancienne cité marchande prospère.

Elle reste un lieu de pélerinage pour les musulmans d'Afrique de l'Ouest, qui vouent un culte séculaires aux nombreux édifices mortuaires dédiés a ses 333 saints.